Retour sur l’action menée par l’association France Rein Lorraine et l’ALTIR auprès des publics allophones

Dans le cadre de notre nouveau plan stratégique, veillant à mieux faire connaitre les associations du réseau, nous invitons lors de chacune de nos commissions du réseau une association adhérente qui mène une action en lien avec la thématique.  Lors de notre commission du réseau sur la loi immigration, c’est Pascal FEVOTTE, président de France Rein Lorraine, qui était invité. 

France Rein Lorraine, dont vous pourrez très prochainement retrouver le portrait en vidéo sur notre site internet, œuvre par ses actions à améliorer la qualité de vie des personnes concernées par une maladie rénale. Dans le cadre de leur participation à la Commission Des Usagers de l’ALTIR (Association Lorraine Traitement Insuffisance Rénale), les représentants des Usagers de France Rein ont pu s’emparer de la problématique des personnes insuffisantes rénales allophones et la travailler dans le projet des usagers de l’établissement.

Retour sur les constats faits par l’association 

En Lorraine, 10% des patients des Unités de Dialyses Médicalisées (UDM) sont non francophones, phénomène qui risque de s’amplifier. Les outils déjà existants sont inadaptés (mini livret d’accueil en Anglais et allemand), de plus un travail consistant à traduire les supports d’information en 14 langues est impossible. Une autre ressource pourrait être un répertoire des langues parlées par le personnel, s’il existe, son actualisation n’est souvent pas suivie et il s’agit généralement de 3 langues seulement (anglais, allemand et italien) qui ne correspondent malheureusement pas aux besoins identifiés.

S’agissant de soins les messages nécessaires à faire passer sont aussi complexes qu’importants. D’ailleurs cette barrière de la langue génère des retards de prise en charge et une mise en danger de la personne. Le seul langage universel envisageable reste l’image.

Réalisation d’une enquête auprès des patients afin de connaitre leurs difficultés et leurs besoins, qui n’auraient pas encore été identifiés

Afin de travailler à des solutions adaptées aux besoins spécifiques de ces patients, une enquête a été menée par entretien semi-directifs auprès de 9 patients non francophones qui avaient entre 28 et 75 ans, de 6 nationalités différentes. Les échangent ont pu avoir lieu grâce à l’utilisation d’une application de traduction instantanée ou la présence d’un proche interprète.

Si tous se disent satisfaits des soins, 3 préoccupations principales émergent : la prise en charge sociale, l’apprentissage du français et le besoin d’interprète. Ce que note l’association c’est tout d’abord que ces besoins sont aux antipodes des préoccupations des soignants et qu’une importance notable du volet social dans la vie de ce public est exprimée.

Un plan d’action en trois étapes afin de garantir une prise en charge sécurisée auprès des patients non francophones 

1. Des tutoriels

Tout d’abord il est indispensable d’assurer l’accès aux informations essentielles de sécurité des soins. Pour ce faire France Rein Lorraine en partenariat avec l’ALTIR réalisent des tutoriels sans paroles ciblant les messages primordiaux de prévention des risques dans la prise en charge d’un patient dyalisé.

Ci-après vous pouvez retrouver les tutoriels :

2. Les outils de communication instantanée

Tout d’abord, le groupe projet teste plusieurs applications de traduction, avant de retenir Google translate qui répond le mieux aux besoins et qui peut être utilisé sur les ordinateurs portables des centres.

Ensuite ces acteurs se penchent sur les outils existants traduits et pouvant être mis à dispositions des usagers comme des professionnels.  Les livrets réalisés par le laboratoire AMGEN ainsi que le livret santé de l’INPES sont ensuite mis à disposition dans chacune des unités de dialyse médicalisés et disponible sur l’intranet de l’ALTIR.

Enfin l’équipe réalise une carte personnelle, que le patient pourra garder sur lui en permanence. Cette carte vise à sécuriser  toute situation d’urgence liée à la pathologie de la personne, en reprenant les numéros d’urgence et en faisant le lien avec l’établissement qui connait et soigne le patient.

3. Identifier précocement les patients en situation sociale précaire

Actuellement le plan d’action est à l’étape de définition d’un processus d’accueil des patients non francophones. En effet, à l’arrivée, il est impératif de refaire et retranscrire le plus tôt possible le parcours antérieur du patient. Ainsi, identifier les défauts de prise en soins,  comprendre la situation sociale et ainsi définir ses besoins et ses droits en la matière.

Les orientations seraient de prévenir impérativement l’assistante sociale de l’arrivée de tout nouveau patient, élaborer et mettre en place un projet personnalisé d’accueil et transmettre l’ensemble des informations importantes traduites.

Communication sur les actions 

Une communication sur ces dispositions a été menée aussi bien auprès des professionnels via des réunions d’informations, des articles sur l’intranet que des patients via le site internet de l’ALTIR  ainsi que via l’article dédié aux informations de la CDU dans les établissements. Pascal FEVOTTE  pointe l’importance de renouveler ces actions d’information en raison des professionnels qui changent et de d’organiser l’actualisation des supports au long-court.

France Rein Lorraine
Allée du Morvan
CHU Brabois – Locaux ALTIR
54500 VANDOEUVRE-LES-NANCY
lo******@fr********.org
06 85 20 94 03
www.francerein.org/associations/lorraine/

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