[Expérimentation] Sortie d’hôpital : l’alliance gagnante patients – médecine de ville – établissements

Dans le paysage de la santé, certaines innovations ne viennent pas des hautes sphères institutionnelles ni des grands plans nationaux. Elles émergent du terrain, des constats quotidiens et de la volonté collective d’améliorer les parcours de soins.

C’est exactement ce qui s’est produit dans le Bas-Rhin, où la Commission Territoriale des Usagers (CTU), instance du Conseil Territorial de Santé, a initié une démarche ambitieuse pour améliorer les sorties d’hospitalisation. Cette dynamique, portée par des Représentants des Usagers (RU), démontre la puissance de la démocratie en santé lorsqu’elle est pleinement mobilisée.

Une idée née du terrain, portée par les Représentants des Usagers

Tout est parti d’un constat simple, mais lourd de conséquences. Les patients sortant de l’hôpital se retrouvent trop souvent dans une zone grise :

Absence de remise de lettre de liaison / Mal ou peu informés sur leur état de santé / Leurs documents de sortie ne sont pas inclus dans Mon Espace Santé / Pas de vérification en amont de la situation au domicile

Ces exemples illustrent des situations vécues, des inquiétudes, des retours d’expérience que les Représentants des Usagers entendent régulièrement. Et c’est précisément là que la démocratie en santé prend tout son sens. Les difficultés signalées par les usagers contribuent à identifier des solutions en lien avec les autres acteurs du système de santé.

Les membres de la Commission Territoriale des Usagers du Bas-Rhin ont donc décidé de ne pas laisser ces constats sans réponse. Ils ont mobilisé les partenaires, structuré un groupe de travail, et proposé une solution concrète : la création d’une fiche de signalement d’événement indésirable lié à une sortie d’hospitalisation.

Une alliance inédite entre usagers, professionnels de santé de ville et les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.

Ce projet n’est pas seulement une idée : c’est une construction collective. La CTU a réuni autour de la table :

  • la Structure Régionale d’Appui (SRA) Grand Est,
  • la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS) du Pays d’Erstein,
  • la Direction Qualité, Expérience patient et Gestion des risques des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS),
  • des membres de la Commission des Usagers (CDU) impliqués dans l’établissement.

Cette coopération illustre la capacité des différents acteurs à se mobiliser autour d’un objectif commun : elle relie les usagers, les professionnels de ville, les établissements hospitaliers et les acteurs de la qualité des soins. Elle montre que la démocratie en santé n’est pas un concept théorique, mais un levier opérationnel capable de fédérer des acteurs qui, souvent, travaillent en silos.

La fiche de signalement : un outil concret au service de la coordination ville-hôpital

L’idée est de permettre aux professionnels de ville — et parfois aux patients — de signaler les incidents rencontrés lors d’une sortie d’hospitalisation : absence de la fiche de liaison, prescriptions floues ou manquantes, coordination insuffisante… autant de situations qui, jusqu’ici, restaient invisibles pour l’hôpital. Grâce à cette fiche de signalement, les professionnels disposent désormais d’un canal sécurisé pour faire remonter ces situations à la Direction Qualité des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS).

Ce dispositif renforce les liens entre la ville et l’hôpital en favorisant un partage d’informations plus structuré. Il est le fruit d’un travail collectif engagé à l’initiative de la Commission Territoriale des Usagers du Bas-Rhin avec l’ensemble des partenaires du projet.

Un circuit de traitement structuré, orienté amélioration continue

Une fois la fiche transmise, la Direction Qualité analyse le signalement et met en œuvre les actions nécessaires pour comprendre la situation et identifier les pistes d’amélioration adaptées.

La Commission des Usagers des HUS est informée trimestriellement des remontées, ce qui permet une vision globale des dysfonctionnements récurrents.

À moyen terme, le projet prévoit même un accompagnement des patients insatisfaits, avec un document présentant les voies de recours en médecine de ville et les coordonnées d’un Représentant des Usagers.

Ce dispositif n’est pas seulement un outil de collecte d’incidents : c’est un outil d’apprentissage, un levier de transformation, une nouvelle manière de faire circuler l’information entre les acteurs du soin.

Une expérimentation qui inspire déjà au-delà du Pays d’Erstein

L’expérimentation, lancée le 1er juin 2026, est suivie de près. Les premiers retours de l’expérimentation permettront d’évaluer les conditions d’une probable extension du dispositif à d’autres territoires.

Ce projet montre que les représentants des usagers peuvent jouer un rôle moteur dans l’identification de problématiques du quotidien et contribuer, aux côtés des professionnels et des établissements, à la mise en œuvre de solutions innovantes et concrètes.

Cette expérimentation témoigne de l’intérêt d’une démarche coconstruite entre représentants des usagers, professionnels de santé de ville, établissements de santé et experts de la qualité des soins. En associant l’ensemble des acteurs du parcours de soins, elle contribue à renforcer la sécurité et la continuité des prises en charge au bénéfice des patients.


Les Représentants des Usagers au cœur de la prévention : retour sur les 5èmes Assises régionales des RU du Grand Est

Le 28 avril 2026, France Assos Santé Grand Est a réuni à Nancy 66 participants à l’occasion des 5èmes Assises régionales des Représentants des Usagers, organisées autour d’un thème particulièrement d’actualité : « La prévention, un droit pour tous : agir en tant que Représentant des Usagers ».
Tout au long de la journée, Représentants des Usagers (RU), professionnels, associations et partenaires institutionnels ont partagé leurs réflexions et leurs expériences afin d’identifier comment renforcer la place des usagers dans les actions de prévention.

Un constat partagé : la prévention doit prendre toute sa place

En ouverture des Assises, Laurent DAL MAS, Directeur de la Direction de la Santé Publique de l’ARS Grand Est, et Daniel FONTAINE, Vice-président de France Assos Santé Grand Est, ont rappelé que la prévention constitue un enjeu majeur pour répondre aux défis sanitaires actuels : maladies chroniques, inégalités sociales et territoriales de santé, accès aux soins ou encore vieillissement de la population.

Un message fort a marqué cette introduction :
Les Représentants des Usagers ont un rôle essentiel à jouer dans les actions de prévention et de promotion de la santé.

Comprendre la prévention pour mieux agir

La matinée a été consacrée à une table ronde réunissant le Pr Cédric BAUMANN et Justine SCHWEICH autour des fondements et des enjeux actuels de la prévention.
Les échanges ont permis de rappeler que :

  • la prévention ne se limite pas au dépistage ou à la vaccination ;
  • la santé dépend aussi des conditions de vie, de l’environnement et des déterminants sociaux ;
  • la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé demeure un défi prioritaire ;
  • la littératie en santé est devenue un enjeu majeur dans un contexte de multiplication des informations disponibles.

Les intervenants ont également souligné qu’une prévention efficace repose sur la participation des usagers et sur des actions construites au plus près des réalités des territoires.

Les RU : déjà acteurs de la prévention

L’atelier participatif de la journée a invité les participants à réfléchir à la question : « En tant que RU, comment je peux être acteur de la prévention dans mon mandat ? »
Les travaux ont mis en évidence la diversité des leviers à la disposition des RU :

  • informer et sensibiliser les usagers ;
  • promouvoir les droits en santé ;
  • accompagner les patients et leurs proches ;
  • participer aux démarches qualité et sécurité des soins ;
  • développer des partenariats ;
  • mener des actions de plaidoyer ;
  • contribuer à la littératie en santé.

L’un des enseignements majeurs de cet atelier est que les RU sont déjà des acteurs de prévention dans leurs missions quotidiennes, parfois sans l’identifier comme tel.

Des initiatives inspirantes sur le terrain

La table ronde de l’après-midi a permis de découvrir trois expériences concrètes portées par des RU :

  • « Les Petits Détectives de la Clinique Jeanne d’Arc » à Lunéville, une action ludique de sensibilisation des enfants à la santé et à la sécurité des soins ;
  • un mur d’expression sur les droits des usagers à l’Hôpital de Château-Salins ;
  • une journée « Le droit à la prévention » organisée aux Hôpitaux du Massif des Vosges avec de nombreux partenaires.

Ces projets ont démontré qu’avec de l’engagement, du travail partenarial et une bonne connaissance des besoins des usagers, les Représentants des Usagers peuvent initier des actions concrètes et utiles pour la population.

Une ambition : passer de la réflexion à l’action

La journée s’est conclue autour d’une question simple mais essentielle :
« En tant que RU, qu’est-ce que je vais mettre en place demain pour faire vivre le droit à la prévention auprès des usagers que je représente ? »
Cette interrogation résume parfaitement l’ambition de ces Assises : faire des Représentants des Usagers des acteurs pleinement engagés dans la construction d’une prévention plus accessible, plus participative et plus proche des besoins des citoyens.

Télécharger la synthèse des Assises

Retrouvez l’ensemble des interventions, témoignages, ateliers et retours d’expériences dans le document de synthèse des 5èmes Assises régionales des Représentants des Usagers du Grand Est.

Télécharger le document

[Appel à candidatures] Devenez Représentant des Usagers au sein des Commissions Départementales des Soins Psychiatriques (CDSP)

L’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est lance un appel à candidature pour recruter des Représentants des Usagers (RU) au sein des Commissions départementales des soins psychiatriques (CDSP). Cette mission constitue une opportunité unique de contribuer à la défense des droits des personnes prises en charge en psychiatrie sous contrainte et de participer à une instance essentielle de contrôle et de vigilance.

👉 Consultez l’appel à candidature de l’ARS Grand Est :
https://www.grand-est.ars.sante.fr/recrutement-de-professionnels-de-sante-et-de-representants-dusagers-au-sein-des-commissions

Qu’est-ce qu’une CDSP ?

La Commission départementale des soins psychiatriques est une instance indépendante présente dans chaque département. Sa mission est de veiller au respect des libertés individuelles et de la dignité des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques sans leur consentement. Elle examine les situations individuelles, contrôle certaines pratiques et s’assure du respect des droits des patients.

Les CDSP occupent une place particulière dans le paysage de la démocratie en santé. Elles réunissent des professionnels de santé et des représentants des usagers qui apportent leur expertise citoyenne et leur connaissance de l’expérience vécue des patients et de leurs proches. Il s’agit d’ailleurs de l’une des rares instances où des représentants des usagers participent directement au contrôle des pratiques en psychiatrie.

Quel est le rôle d’un Représentant des Usagers en CDSP ?

Le RU participe activement aux travaux de la commission. Parmi ses principales missions :

    • examiner les situations de soins psychiatriques sans consentement ;
    • étudier les réclamations et observations formulées par les patients ou leurs représentants ;
    • participer aux visites des établissements de santé ;
    • vérifier les conditions de prise en charge des patients ;
    • contrôler les registres relatifs aux mesures d’isolement et de contention ;
    • contribuer à l’élaboration du rapport annuel d’activité de la commission ;
    • participer à la protection des droits fondamentaux des personnes hospitalisées sans leur consentement.

Siéger en CDSP, c’est agir concrètement en faveur des personnes les plus vulnérables et contribuer à l’amélioration continue des pratiques en santé mentale.

Qui peut candidater ?

Pour être nommé représentant des usagers au sein d’une CDSP, les candidats doivent :

    • être membres ou issus d’une association agréée du système de santé ;
    • être proposés par une association agréée représentant les usagers ou les familles de personnes vivant avec des troubles psychiques ;
    • avoir un intérêt pour les questions de santé mentale, de psychiatrie et de droits des usagers ;

Le mandat est d’une durée de trois ans renouvelable. La commission est composée de cinq membres : deux psychiatres, un médecin généraliste et deux représentants associatifs, dont un représentant des usagers.

Pourquoi s’engager ?

Être représentant des usagers en CDSP permet :

    • de défendre les droits des personnes hospitalisées en psychiatrie ;
    • d’apporter un regard citoyen sur les pratiques professionnelles ;
    • de participer à une mission d’intérêt général ;
    • de développer une expertise dans le domaine de la santé mentale ;
    • de contribuer à la démocratie en santé et au respect des droits fondamentaux.

Saisissez cette occasion de mettre votre expérience et votre engagement au service de la protection des droits des personnes vivant avec des troubles psychiques !


Retour sur la commission du réseau sur les voies de recours en médecine de ville

Dans le cadre de ses travaux sur l’accès à des soins de qualité, France Assos Santé Grand Est a organisé une commission du réseau dédiée aux voies de recours en médecine de ville, le 17 juin à Nancy.

Les échanges menés au sein du groupe de travail ont mis en évidence une méconnaissance importante de ces recours par les usagers, souvent démunis face à un problème de soins et ne sachant pas vers qui se tourner. Une enquête régionale est venue confirmer ce constat, révélant également un renoncement fréquent à engager des démarches.

Cette commission a ainsi été organisée pour mieux comprendre le fonctionnement des recours, le rôle des acteurs et les réalités territoriales, avec l’objectif, à terme, de mieux informer et accompagner les usagers.

Cet article revient sur ces trois temps forts.

  1. L’ARS Grand Est : comprendre et traiter les signaux pour protéger les usagers

  1. Grégory BILLIET, Inspecteur chargé d’inspection et de contrôle à la Direction Inspection, Contrôle et Evaluation (DICE) de l’ARS Grand Est a ouvert la séance en présentant la gestion des problèmes signalés — un enjeu majeur pour la qualité et la sécurité des soins. La DICE reçoit et traite trois types de signaux :
  • Événements indésirables graves, déclarés par les établissements ;
  • Réclamations, déposées par les usagers ou leurs proches ;
  • Signalements, émis par des partenaires, administrations ou professionnels.

Les sollicitations peuvent parvenir par de multiples canaux (délégations départementales, site ARS, services nationaux…). Une fois centralisées, elles reçoivent un accusé de réception systématique, puis sont instruites par la délégation départementale concernée.

Les données présentées montrent une hausse importante des signaux depuis 2020, avec une forte proportion de réclamations liées :

  • au sanitaire (34 %),
  • aux EHPAD (21 %),
  • à la médecine de ville (15 %),
  • aux transports sanitaires (12 %).

En médecine de ville, les motifs les plus fréquents concernent :

  • la relation avec les professionnels (48,9 %),
  • la qualité de la prise en charge médicale (43,2 %),
  • l’accès aux soins (40,6 %).

L’ARS distingue ensuite deux situations :

  • Profession à ordre : l’Ordre est saisi, et en cas de danger grave, une suspension immédiate peut être prononcée (8 suspensions en un an).
  • Profession sans ordre : traitement direct par l’ARS, ou orientation vers la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), Le Comité Départemental de l’Aide Médicale Urgente, de la Permanence des Soins et des Transports Sanitaires (CODAMUPS‑TS), ou le procureur via l’article 40.

L’objectif reste constant : analyser, orienter, agir et protéger les usagers.

  1. La CPAM : garantir l’accès aux soins et accompagner les recours des assurés

Mme Gaëlle LANGLARD, Responsable de service Gestion du Risque et Lutte contre la Fraude à la CPAM 54 et M. Monsieur Cédric ESTRADA, chargé d’étude juridique, ont ensuite présenté deux volets essentiels :

  1. L’accès aux soins des personnes en situation de handicap,
  2. Les voies de recours contre ses décisions.

Accès aux soins : des outils pour réduire les inégalités

La CPAM a rappelé un constat préoccupant :

  • 66 % des personnes en situation de handicap rencontrent des difficultés d’accès aux soins,
  • 54 % jugent leur état de santé mauvais ou très mauvais.

Pour y répondre, deux outils structurants sont déployés :

  • L’annuaire Santé.fr, qui recense l’accessibilité des cabinets médicaux et paramédicaux ;
  • Le baromètre Handifaction, qui mesure l’accès réel aux soins à partir des retours des patients.

Ces dispositifs permettent d’objectiver les difficultés, d’orienter les politiques locales et de sensibiliser les professionnels.

Les recours contre les décisions de la CPAM

Deux commissions interviennent selon la nature du litige :

  • Commission de Recours Amiable (CRA) pour les recours administratifs ;
  • Commission médicale de recours amiable (CMRA) pour les recours médicaux.

Les délais sont stricts :

  • 2 mois pour saisir la commission,
  • 2 à 4 mois pour statuer selon la commission.

La CPAM a également présenté le téléservice de signalement des remboursements suspects, accessible depuis le compte Ameli, permettant aux assurés de contribuer à la lutte contre la fraude.

  1. Le Conseil départemental de l’Ordre des Médecins 54 (CDOM): le rôle disciplinaire et le traitement des plaintes

Le président du CDOM 54, Docteur Franck BRESLER,  a rappelé sa mission fondamentale : veiller au respect de la déontologie médicale et sanctionner les manquements. Une plainte est définie comme une demande de sanction à l’égard d’un médecin. Tout usager peut en déposer une.

Le parcours d’une plainte

  1. Réception et accusé de réception,
  2. Transmission au médecin pour observations,
  3. Tentative de conciliation, obligatoire et menée par des conseillers ordinaux,
  4. En cas d’échec : transmission à la Chambre Disciplinaire de Première Instance (CDPI).

Les sanctions possibles vont de l’avertissement à la radiation.

Focus : le refus de soins discriminatoire

Le CDOM a insisté sur ce sujet majeur :

  • tout signalement de refus de soins discriminatoire vaut plainte ;
  • une conciliation doit être organisée dans les 3 mois ;
  • en cas d’échec, la plainte est transmise à la Chambres Disciplinaires de Première Instance (CDPI), avec un avis motivé.

Les motifs discriminatoires incluent notamment :

  • la situation sociale (ex. CSS, AME),
  • le handicap,
  • l’origine,
  • l’orientation sexuelle,
  • la religion.

Le non‑respect des délais peut entraîner le dessaisissement du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins (CDOM) au profit de la CPAM, qui peut engager une procédure de pénalité financière.

Conclusion

Ces trois interventions ont mis en lumière la complémentarité des acteurs impliqués dans les voies de recours en médecine de ville. L’ARS analyse et agit pour la sécurité des soins, la CPAM garantit l’accès aux droits et aux recours, et l’Ordre veille au respect de la déontologie. Ensemble, ils constituent un écosystème de protection des usagers, essentiel pour renforcer la confiance dans le système de santé.


France Assos Santé Grand Est alerte en CRSA sur les conséquences de la dissolution de l’ICANS à Strasbourg

Le 16 juin 2026, France Assos Santé Grand Est a fait une déclaration publique lors de la plénière de la CRSA Grand Est pour  exprimer ses préoccupations profonde face aux tensions persistantes entre l’Institut Paul Strauss et les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg suite à la dissolution du Groupement de Coopération Sanitaire ICANS, le 31 décembre 2025.

Vous retrouverez ci-dessous l’intégralité de la déclaration lue par Angèle RATZMANN, membre du Bureau de France Assos Santé Grand Est. 

Madame la Directrice Générale,

Monsieur le Président de la CRSA,

Mesdames, Messieurs les membres de la CRSA,

France Assos Santé Grand Est souhaite exprimer publiquement sa vive préoccupation face aux tensions persistantes entre l’Institut Paul Strauss et les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, consécutives à la dissolution de l’ICANS.

Ces tensions fragilisent les parcours de soins, altèrent la confiance que portent les patients aux établissements les prenant en charge et la médiatisation de ces tensions ne fait qu’en amplifier les effets.

Lorsque des conflits institutionnels sont exposés sur la place publique, au détriment de la sérénité des familles, c’est le sentiment de confiance général, indispensable à la sécurité des soins, qui se trouve gravement compromis.

Un fait récent, parmi d’autres, largement relayé, illustre la gravité de la situation :

La lettre ouverte d’une famille dont l’enfant de 13 mois est atteint d’un cancer pédiatrique à haut risque, dénonçant un refus de prise en charge en Grand Est, qu’elle impute au conflit entre les établissements.

Les informations recueillies montrent que le transfert vers Paris répondait à des exigences légitimes de sécurité, le protocole de soins requis pour cet enfant n’étant pas suffisamment maîtrisé localement.

Ce que nous dénonçons aujourd’hui, ce n’est pas cette exigence de sécurité, mais :

  • L’absence d’une information claire, compréhensible et loyale délivrée à la famille ;
  • Le manque d’accompagnement dans l’organisation d’un parcours de soins complexe hors région ;
  • L’incapacité des deux établissements à adopter une posture rassurante, cohérente et coordonnée vis-à-vis des usagers.

Dans un tel contexte, le moindre dysfonctionnement devient un signal d’alerte, immédiatement amplifié par la perte de confiance.

Or, la sécurité des soins ne repose pas uniquement sur la compétence technique : elle dépend aussi du sentiment de sécurité, de la lisibilité des décisions et de la qualité de la relation entre les institutions et les familles.

France Assos Santé Grand Est rappelle avec force que les patients ne peuvent, en aucun cas, devenir les otages de conflits institutionnels.

Nous demandons :

  • Que les deux établissements rétablissent sans délai un cadre de coopération fonctionnel, sécurisé et transparent ;
  • Que l’ARS veille à garantir la continuité des parcours, en particulier pour les pathologies graves nécessitant une coordination inter-établissements ;
  • Que les usagers soient systématiquement informés de manière loyale, accessible et anticipée, conformément à leurs droits ;
  • Que des dispositifs d’accompagnement renforcés soient proposés aux familles confrontées à des transferts hors région.

Nous serons particulièrement vigilants à ce qu’aucun défaut de prise en charge ne résulte de ce climat de défiance.

France Assos Santé Grand Est réaffirme son engagement : défendre les droits des usagers, garantir leur sécurité et veiller à ce que chaque patient soit accompagné avec respect, clarté et humanité.


[REPLAY] Webinaire - Semaine de la Sécurité des Patients 2026 : "Soins sûrs à vie !"

Vous n’avez pas pu assister à notre webinaire de lancement de la Semaine de la Sécurité des Patients 2026 ?

Bonne nouvelle : le replay ainsi que le diaporama sont désormais disponibles !

Organisé par France Assos Santé Grand Est, en partenariat avec la Structure Régionale d’Appui Grand Est et l’Agence Régionale de Santé Grand Est, ce temps fort s’est tenu le jeudi 28 mai 2026 et a réuni 190 participants, représentants des usagers et professionnels en établissement de santé, autour d’un objectif commun : préparer ensemble la campagne SSP 2026.

🔎 Au programme de ce webinaire

Ce webinaire a permis de poser les bases de cette nouvelle édition et d’apporter des clés concrètes pour s’engager dans la démarche :

✅ Présentation des objectifs et du calendrier de la campagne 2026
✅ Décryptage du thème retenu par l’OMS :
« La sécurité des soins pour les personnes atteintes de pathologies chroniques »
✅ Mise en lumière d’outils et de ressources mobilisables par les établissements
✅ 🏆 Remise des prix du concours SSP 2025, avec des retours d’expérience inspirants des structures lauréate

🌟 Un moment fort : valorisation des initiatives de terrain

La remise des prix du concours SSP 2025 a été un temps particulièrement riche, mettant à l’honneur des actions concrètes et innovantes menées dans les établissements de santé du territoire.
Autant d’initiatives inspirantes pour nourrir les projets à venir dans le cadre de la SSP 2026.

📂 Accéder aux ressources

Comme annoncé, le replay et le diaporama de la réunion sont disponibles ici :

Télécharger le diaporama de présentation

🎯 Une dynamique à poursuivre

Ce webinaire marque le lancement d’une mobilisation collective en vue de la Semaine de la Sécurité des Patients, du 14 au 18 septembre 2026.

Nous vous invitons à vous appuyer sur ces contenus pour construire vos actions et contribuer pleinement à cette campagne nationale.

Pour vous accompagner, n’hésitez pas à contacter Marjorie VAUTRIN par mail :

📨: mvautrin@france-assos-sante.org


[Appel à Candidature Prolongé] RU, Bénévoles, agissez pour la santé dans votre région - devenez RU en CRSA !

La Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie (CRSA) est le parlement régional de la santé. Élus, professionnels de santé, directeurs d’établissements, associations, y font le point sur la santé de la population et donnent leurs avis sur les grands projets et le projet régional de santé.

La CRSA Grand Est va être renouvelée en octobre 2026 et pour ce faire l’ARS Grand Est a publié un appel à candidature qui est prolongé jusqu’au 15 juin minuit, pour le collège 2 où sont représentées les associations agréées d’usagers du système de santé. 9 postes de titulaires et 18 postes de suppléants sont à pourvoir.

Appel à candidature RU CRSA

  Pour en savoir plus sur ce mandat, comprendre le rôle de RU en CRSA, découvrir les missions des commissions spécialisées et vous projeter dans un engagement concret au service de votre territoire :

Visionnez ou revisionnez notre webinaire dédié du 12 mai 2026

Pourquoi la CRSA c’est important pour les usagers en général ?

Partager autour des besoins en santé de la région, des actions pour améliorer la santé de la population, l’enjeu est fort pour les usagers. Y porter notre voix c’est nous rendre acteurs de notre destin et nous considérer comme des citoyens capables d’une parole politique.

Faire des choix collectivement, voilà l’enjeu de la CRSA. Le dialogue à égalité est une des conditions pour impliquer les acteurs dans la définition et l’évaluation des objectifs régionaux de santé publique, mais aussi sur l’organisation
des soins (en ville et à l’hôpital), sur l’accès aux soins pour tous (dont les populations les plus vulnérables) et la lutte contre les déserts médicaux.

Que ferez-vous concrètement en tant que RU en CRSA ?

Instance consultative auprès de l’Agence Régionale de Santé, la CRSA est une vraie petite arène politique spécialisée en santé ! En tant que Représentant des Usagers vos actions seront très concrètes !

Au menu : connaitre les ficelles du fonctionnement de l’instance, se faire connaitre et rencontrer les autres représentants, préparer des avis communs, faire des alliances dans les commissions de travail, et convaincre vos alliés et vos opposants.

Bref, une bonne dose de relationnel et un peu de sens politique !

Serez-vous à la hauteur ?

Oui, particulièrement si vous avez une bonne connaissance des problèmes globaux de la santé en région. Vous aurez une vision plus générale, et à plus long terme des actions à mener, dans tous les volets de la santé, que des responsabilités associatives ont déjà pu vous donner.
Il faudra à la fois prendre connaissance de nombreuses informations, textes et projets qui vous seront soumis, mais aussi rencontrer des acteurs institutionnels et politiques. Gardez des liens étroits avec les usagers à travers votre association et l’Union régionale : il est difficile de résister aux sirènes des politiques, encore plus de les forcer à rester les pieds sur terre.


Regards de RU en CDU - Épisode 4

Le dépôt de candidatures pour être Représentant des Usagers (RU) en Commission des Usagers (CDU) vient d’être ouvert par l’ARS Grand Est. Près de 400 postes sont à pourvoir !
Ces mandats essentiels permettent de porter la parole des usagers, d’améliorer la qualité des soins et de renforcer la démocratie en santé au cœur des établissements.

Pour permettre aux RU de s’engager en toute confiance, France Assos Santé Grand Est met à disposition une palette d’outils, de ressources et d’espaces d’échanges adaptés aux besoins des bénévoles, qu’ils soient débutants ou expérimentés.

Retrouvez le premier article de notre série détaillant les accompagnements possibles ici.

Envie de devenir Représentant des Usagers ?

Toutes les informations relatives à la campagne de recrutement en cours sont disponibles ici :
👉 Article sur l’appel à candidature par l’ARS Grand Est

👉 consultez également notre page nationale « Devenir Représentant des Usagers » qui vous apportera des compléments utiles.

Pas encore convaincu ?

France Assos Santé Grand Est a recueilli quatre témoignages qui mettent en lumière la réalité du mandat, son utilité, mais aussi ce que représente, humainement, l’engagement en CDU. Ils nous parlent de leurs missions…et de leur impact, sans filtre !

🎙️Regards de RU en CDU – Épisode 4


Rapport d'activité 2025

Nous avons le plaisir de vous présenter notre rapport d’activité 2025, validé lors de notre Assemblée Régionale du 8 avril 2026 : cliquez ici pour le télécharger


Regards de RU en CDU - Épisode 3

Le dépôt de candidatures pour être Représentant des Usagers (RU) en Commission des Usagers (CDU) vient d’être ouvert par l’ARS Grand Est. Près de 400 postes sont à pourvoir !
Ces mandats essentiels permettent de porter la parole des usagers, d’améliorer la qualité des soins et de renforcer la démocratie en santé au cœur des établissements.

Pour permettre aux RU de s’engager en toute confiance, France Assos Santé Grand Est met à disposition une palette d’outils, de ressources et d’espaces d’échanges adaptés aux besoins des bénévoles, qu’ils soient débutants ou expérimentés.

Retrouvez le premier article de notre série détaillant les accompagnements possibles ici.

Envie de devenir Représentant des Usagers ?

Toutes les informations relatives à la campagne de recrutement en cours sont disponibles ici :
👉 Article sur l’appel à candidature par l’ARS Grand Est

👉 consultez également notre page nationale « Devenir Représentant des Usagers » qui vous apportera des compléments utiles.

Pas encore convaincu ?

France Assos Santé Grand Est a recueilli quatre témoignages qui mettent en lumière la réalité du mandat, son utilité, mais aussi ce que représente, humainement, l’engagement en CDU. Ils nous parlent de leurs missions…et de leur impact, sans filtre !

🎙️Regards de RU en CDU – Épisode 3