Journée nationale France Assos Santé : quand les réflexions nationales nourrissent les travaux du Grand Est

Le 15 octobre 2026, plusieurs membres de la délégation Grand Est de France Assos Santé ont participé à la journée nationale consacrée à l’accès aux soins. Aux côtés d’acteurs associatifs venus de toute la France, ils ont pu partager leurs constats, découvrir des initiatives inspirantes et approfondir leur réflexion sur les défis auxquels notre système de santé est confronté.
Pour prolonger les échanges, nous avons demandé à des représentants de chacun de nos groupes de travail régionaux de répondre à trois questions :
Que retenez-vous de cette journée ? Quels liens faites-vous avec les travaux de votre groupe de travail ? Comment ces réflexions pourront-elles nourrir vos actions futures ?
Leurs réponses montrent combien les enjeux abordés à l’échelle nationale trouvent un écho direct dans les travaux actuellement menés en Grand Est.

L’accès aux soins : une préoccupation partagée

Tous les participants reviennent avec la conviction que l’accès aux soins constitue l’un des défis majeurs de notre système de santé.
Comme le souligne François Dottori, membre du groupe de travail « Accompagner les citoyens dans le système de santé » :

« Notre système de santé constitue un bien commun précieux. Les Français placent légitimement la santé au premier rang de leurs préoccupations. Pourtant, ils n’en perçoivent souvent les difficultés d’accès que lorsque leurs proches ou eux-mêmes y sont directement confrontés. »

De son côté, Daniel Fontaine, représentant du groupe de travail « Réduire les inégalités sociales et territoriales en santé » (ISTS), retient :

« Le fait que notre système devient de plus en plus inégalitaire. »

Des constats qui renforcent la nécessité de poursuivre les actions menées par les bénévoles et les représentants des usagers pour faire entendre la voix des citoyens.

Mieux comprendre et faire connaître les voies de recours en santé

La journée nationale a trouvé une résonance particulière auprès du groupe de travail « Améliorer l’accès à des soins de qualité ».
Depuis plusieurs années, ce groupe s’interroge sur la capacité des usagers à faire valoir leurs droits lorsqu’ils rencontrent une difficulté dans leur parcours de soins. Enquête, webinaire, micro-trottoir : le groupe a multiplié les initiatives pour mieux comprendre la perception des citoyens sur l’accès aux soins. Il travaille désormais à la création d’un document pratique destiné à clarifier les voies de recours existantes en médecine de ville.

Pour Valérie Broussolle, les échanges de la journée ont confirmé l’importance de ces travaux :

« Lorsque le système ne répond pas, les patients développent d’autres stratégies : aller plus loin, reporter ou renoncer aux soins, changer de médecin, mobiliser son réseau, recourir à l’IA ou à la téléconsultation. »

Ces témoignages rappellent que les difficultés d’accès aux soins ne s’arrêtent pas à la prise de rendez-vous. Elles interrogent également la capacité des usagers à identifier les interlocuteurs compétents lorsqu’ils rencontrent un problème ou estiment que leurs droits ne sont pas respectés.
Comme elle le résume :

« Une journée riche, dense et beaucoup de choses à retenir. Une journée qui m’a motivée et redonne du sens à mon action de bénévole. »

Réduire les inégalités sociales et territoriales : agir au plus près des réalités

Pour le groupe de travail « Réduire les inégalités sociales et territoriales en santé » (ISTS), la journée a confirmé que les obstacles à l’accès aux soins dépassent largement la seule question financière.
Le groupe travaille actuellement à l’élaboration d’un guide pratique destiné aux associations adhérentes afin de les aider à analyser leurs actions sous l’angle des inégalités sociales et territoriales en santé et à identifier des pistes d’amélioration concrètes.
Cette démarche trouve un écho direct dans les réflexions entendues lors de la journée nationale.
Daniel Fontaine souligne notamment :

« Les inégalités sociales et territoriales en santé ne se résument pas à des questions purement financières. »

Il a également été marqué par les échanges autour de la médiation en santé :

« Le concept de médiation en santé doit être développé dans nos supports, explicité au-delà du métier de médiateur en santé, puisque chacun d’entre nous peut assurer de la médiation en santé. »

Ces enseignements viendront alimenter la réflexion du groupe afin que les associations puissent mieux identifier leur rôle dans la réduction des inégalités d’accès aux soins, qu’elles soient géographiques, sociales, culturelles ou liées à la littératie en santé.

Aider les citoyens à mieux se repérer dans le système de santé

Comprendre vers qui se tourner, connaître les dispositifs existants, identifier le rôle des différentes institutions : autant de difficultés régulièrement rencontrées par les citoyens.
C’est précisément sur ces enjeux que travaille le groupe « Accompagner les citoyens dans le système de santé ».
Actuellement, ses membres conçoivent un jeu pédagogique destiné au grand public. L’objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre l’organisation du système de santé français, les acteurs qui le composent ainsi que les espaces où les citoyens peuvent faire entendre leur voix, notamment au travers de la démocratie en santé.
Pour François Dottori, plusieurs échanges lors de la journée nationale ont confirmé la pertinence de cette démarche :

« Plusieurs d’entre nous avons découvert l’acronyme SAS, qui signifie Service d’accès aux soins, ainsi que ses missions et son fonctionnement. Imaginons maintenant ce qu’il en est pour l’usager lambda. »

Une remarque qui illustre parfaitement la complexité du système pour le grand public.
Il poursuit :

« Il est temps de sortir des tiroirs toutes les mesures existantes et d’avancer enfin vers un guichet unique qui place l’usager au centre. »

Les travaux du groupe visent précisément à rendre ce système plus compréhensible afin que les citoyens puissent devenir pleinement acteurs de leurs parcours de santé.

Une dynamique régionale confortée

Au-delà de la richesse des interventions, cette journée nationale a confirmé la pertinence des travaux engagés par les groupes de travail du Grand Est.
Qu’il s’agisse d’améliorer la lisibilité des voies de recours, de lutter contre les inégalités sociales et territoriales en santé ou encore d’aider les citoyens à mieux comprendre le système de santé, les préoccupations exprimées au niveau national rejoignent directement les actions développées au niveau régional.
Comme l’a souligné Valérie Broussolle :

« J’ai pu apprécier la mobilisation de France Assos Santé sur le plan national ainsi que la grande richesse des associations du réseau sur l’ensemble du territoire. »

Une motivation supplémentaire pour poursuivre collectivement nos travaux au service d’un objectif commun : permettre à chaque citoyen d’accéder plus facilement à des soins de qualité et de prendre toute sa place dans notre système de santé.


Groupes d'Échanges et d'Analyse de Pratiques : un espace précieux pour les Représentants des Usagers

Le 5 octobre dernier, les Représentants des Usagers (RU) de l’Aube se sont réunis à Troyes dans le cadre d’un Groupe d’Échanges et d’Analyse de Pratiques (GEP) consacré aux mandats exercés en Commission des Usagers (CDU) du département. Cette rencontre a une nouvelle fois démontré tout l’intérêt de ces temps collectifs proposés par France Assos Santé Grand Est dans chacun des dix départements de la région.

Organisés deux fois par an pour chaque département du Grand Est, ces groupes ont pour objectif de permettre aux RU investis dans les instances de démocratie en santé de partager leurs expériences, d’échanger sur leurs difficultés et de construire ensemble des pistes d’action concrètes.

👥 Un lieu d’échanges entre pairs

Être Représentant des Usagers est une mission essentielle, mais qui peut parfois soulever de nombreuses interrogations. Comment trouver sa place dans une instance ? Comment favoriser le dialogue avec l’établissement ? Comment faire évoluer le fonctionnement d’une CDU ? Comment s’intégrer dans une équipe déjà en place tout en portant ses convictions ?

Autant de questions qui ont été abordées lors de la réunion de Troyes, réunissant des RU issus de différentes associations et de plusieurs établissements du département. Certains d’entre eux venaient d’être récemment nommés dans leur mandat, tandis que d’autres disposaient d’une expérience plus ancienne. Cette diversité des parcours a permis des échanges riches et constructifs.

🗝️ Une méthode structurée au service des solutions

Chaque rencontre repose sur un cadre bienveillant et confidentiel. Après un temps de présentation, chaque participant expose une situation qui lui pose problème, qu’il rencontre dans l’exercice de son mandat. Le groupe identifie ensuite les situations à traiter en priorité.

Suivant la méthode d’analyse de pratiques, chacun peut bénéficier du regard des autres participants. Les échanges permettent de prendre du recul, de partager des expériences similaires, d’identifier des leviers d’action et de repartir avec des pistes concrètes pour avancer.

L’animateur veille au respect du cadre, facilite la parole et organise les échanges. Son rôle n’est pas d’apporter toutes les réponses, mais d’accompagner la réflexion collective et, lorsque nécessaire, de rappeler les éléments réglementaires ou les recommandations issues des ressources dédiées aux RU mises à disposition par France Assos Santé.

Pourquoi participer ?

Ces groupes offrent de nombreux bénéfices :

  • rompre l’isolement que peuvent parfois ressentir certains RU
  • rencontrer d’autres représentants exerçant des mandats similaires
  • partager des expériences et des bonnes pratiques
  • bénéficier d’un regard extérieur sur une situation complexe
  • mieux comprendre son rôle et ses marges d’action
  • renforcer sa confiance dans l’exercice de son mandat
  • développer un réseau de contacts dans son département

La dynamique observée lors de la rencontre de Troyes illustre parfaitement cette plus-value : les discussions se sont poursuivies bien après la fin officielle de la réunion, signe de la richesse des échanges et de l’intérêt suscité par ce format.

📝 Rejoignez les prochaines rencontres

Les GEP sont proposés dans les dix départements du Grand Est, à raison d’une rencontre par semestre. Que vous soyez nouvellement nommé ou déjà expérimenté dans votre mandat, ces temps de travail sont conçus pour vous accompagner dans votre engagement au service des usagers.

Les programmations 2027 seront prochainement disponibles. Nous vous invitons à rester attentifs à nos mails d’information et à consulter régulièrement notre agenda pour ne manquer aucune date sur votre secteur.

Un mandat de RU se vit aussi collectivement : venez échanger, partager vos expériences et repartir avec de nouvelles clés pour exercer votre mandat.