[Appel à candidatures] Devenez Représentant des Usagers au sein des Commissions Départementales des Soins Psychiatriques (CDSP)

L’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est lance un appel à candidature pour recruter des Représentants des Usagers (RU) au sein des Commissions départementales des soins psychiatriques (CDSP). Cette mission constitue une opportunité unique de contribuer à la défense des droits des personnes prises en charge en psychiatrie sous contrainte et de participer à une instance essentielle de contrôle et de vigilance.

👉 Consultez l’appel à candidature de l’ARS Grand Est :
https://www.grand-est.ars.sante.fr/recrutement-de-professionnels-de-sante-et-de-representants-dusagers-au-sein-des-commissions

Qu’est-ce qu’une CDSP ?

La Commission départementale des soins psychiatriques est une instance indépendante présente dans chaque département. Sa mission est de veiller au respect des libertés individuelles et de la dignité des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques sans leur consentement. Elle examine les situations individuelles, contrôle certaines pratiques et s’assure du respect des droits des patients.

Les CDSP occupent une place particulière dans le paysage de la démocratie en santé. Elles réunissent des professionnels de santé et des représentants des usagers qui apportent leur expertise citoyenne et leur connaissance de l’expérience vécue des patients et de leurs proches. Il s’agit d’ailleurs de l’une des rares instances où des représentants des usagers participent directement au contrôle des pratiques en psychiatrie.

Quel est le rôle d’un Représentant des Usagers en CDSP ?

Le RU participe activement aux travaux de la commission. Parmi ses principales missions :

    • examiner les situations de soins psychiatriques sans consentement ;
    • étudier les réclamations et observations formulées par les patients ou leurs représentants ;
    • participer aux visites des établissements de santé ;
    • vérifier les conditions de prise en charge des patients ;
    • contrôler les registres relatifs aux mesures d’isolement et de contention ;
    • contribuer à l’élaboration du rapport annuel d’activité de la commission ;
    • participer à la protection des droits fondamentaux des personnes hospitalisées sans leur consentement.

Siéger en CDSP, c’est agir concrètement en faveur des personnes les plus vulnérables et contribuer à l’amélioration continue des pratiques en santé mentale.

Qui peut candidater ?

Pour être nommé représentant des usagers au sein d’une CDSP, les candidats doivent :

    • être membres ou issus d’une association agréée du système de santé ;
    • être proposés par une association agréée représentant les usagers ou les familles de personnes vivant avec des troubles psychiques ;
    • avoir un intérêt pour les questions de santé mentale, de psychiatrie et de droits des usagers ;

Le mandat est d’une durée de trois ans renouvelable. La commission est composée de cinq membres : deux psychiatres, un médecin généraliste et deux représentants associatifs, dont un représentant des usagers.

Pourquoi s’engager ?

Être représentant des usagers en CDSP permet :

    • de défendre les droits des personnes hospitalisées en psychiatrie ;
    • d’apporter un regard citoyen sur les pratiques professionnelles ;
    • de participer à une mission d’intérêt général ;
    • de développer une expertise dans le domaine de la santé mentale ;
    • de contribuer à la démocratie en santé et au respect des droits fondamentaux.

Saisissez cette occasion de mettre votre expérience et votre engagement au service de la protection des droits des personnes vivant avec des troubles psychiques !


Retour sur la commission du réseau sur les voies de recours en médecine de ville

Dans le cadre de ses travaux sur l’accès à des soins de qualité, France Assos Santé Grand Est a organisé une commission du réseau dédiée aux voies de recours en médecine de ville, le 17 juin à Nancy.

Les échanges menés au sein du groupe de travail ont mis en évidence une méconnaissance importante de ces recours par les usagers, souvent démunis face à un problème de soins et ne sachant pas vers qui se tourner. Une enquête régionale est venue confirmer ce constat, révélant également un renoncement fréquent à engager des démarches.

Cette commission a ainsi été organisée pour mieux comprendre le fonctionnement des recours, le rôle des acteurs et les réalités territoriales, avec l’objectif, à terme, de mieux informer et accompagner les usagers.

Cet article revient sur ces trois temps forts.

  1. L’ARS Grand Est : comprendre et traiter les signaux pour protéger les usagers

  1. Grégory BILLIET, Inspecteur chargé d’inspection et de contrôle à la Direction Inspection, Contrôle et Evaluation (DICE) de l’ARS Grand Est a ouvert la séance en présentant la gestion des problèmes signalés — un enjeu majeur pour la qualité et la sécurité des soins. La DICE reçoit et traite trois types de signaux :
  • Événements indésirables graves, déclarés par les établissements ;
  • Réclamations, déposées par les usagers ou leurs proches ;
  • Signalements, émis par des partenaires, administrations ou professionnels.

Les sollicitations peuvent parvenir par de multiples canaux (délégations départementales, site ARS, services nationaux…). Une fois centralisées, elles reçoivent un accusé de réception systématique, puis sont instruites par la délégation départementale concernée.

Les données présentées montrent une hausse importante des signaux depuis 2020, avec une forte proportion de réclamations liées :

  • au sanitaire (34 %),
  • aux EHPAD (21 %),
  • à la médecine de ville (15 %),
  • aux transports sanitaires (12 %).

En médecine de ville, les motifs les plus fréquents concernent :

  • la relation avec les professionnels (48,9 %),
  • la qualité de la prise en charge médicale (43,2 %),
  • l’accès aux soins (40,6 %).

L’ARS distingue ensuite deux situations :

  • Profession à ordre : l’Ordre est saisi, et en cas de danger grave, une suspension immédiate peut être prononcée (8 suspensions en un an).
  • Profession sans ordre : traitement direct par l’ARS, ou orientation vers la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), Le Comité Départemental de l’Aide Médicale Urgente, de la Permanence des Soins et des Transports Sanitaires (CODAMUPS‑TS), ou le procureur via l’article 40.

L’objectif reste constant : analyser, orienter, agir et protéger les usagers.

  1. La CPAM : garantir l’accès aux soins et accompagner les recours des assurés

Mme Gaëlle LANGLARD, Responsable de service Gestion du Risque et Lutte contre la Fraude à la CPAM 54 et M. Monsieur Cédric ESTRADA, chargé d’étude juridique, ont ensuite présenté deux volets essentiels :

  1. L’accès aux soins des personnes en situation de handicap,
  2. Les voies de recours contre ses décisions.

Accès aux soins : des outils pour réduire les inégalités

La CPAM a rappelé un constat préoccupant :

  • 66 % des personnes en situation de handicap rencontrent des difficultés d’accès aux soins,
  • 54 % jugent leur état de santé mauvais ou très mauvais.

Pour y répondre, deux outils structurants sont déployés :

  • L’annuaire Santé.fr, qui recense l’accessibilité des cabinets médicaux et paramédicaux ;
  • Le baromètre Handifaction, qui mesure l’accès réel aux soins à partir des retours des patients.

Ces dispositifs permettent d’objectiver les difficultés, d’orienter les politiques locales et de sensibiliser les professionnels.

Les recours contre les décisions de la CPAM

Deux commissions interviennent selon la nature du litige :

  • Commission de Recours Amiable (CRA) pour les recours administratifs ;
  • Commission médicale de recours amiable (CMRA) pour les recours médicaux.

Les délais sont stricts :

  • 2 mois pour saisir la commission,
  • 2 à 4 mois pour statuer selon la commission.

La CPAM a également présenté le téléservice de signalement des remboursements suspects, accessible depuis le compte Ameli, permettant aux assurés de contribuer à la lutte contre la fraude.

  1. Le Conseil départemental de l’Ordre des Médecins 54 (CDOM): le rôle disciplinaire et le traitement des plaintes

Le président du CDOM 54, Docteur Franck BRESLER,  a rappelé sa mission fondamentale : veiller au respect de la déontologie médicale et sanctionner les manquements. Une plainte est définie comme une demande de sanction à l’égard d’un médecin. Tout usager peut en déposer une.

Le parcours d’une plainte

  1. Réception et accusé de réception,
  2. Transmission au médecin pour observations,
  3. Tentative de conciliation, obligatoire et menée par des conseillers ordinaux,
  4. En cas d’échec : transmission à la Chambre Disciplinaire de Première Instance (CDPI).

Les sanctions possibles vont de l’avertissement à la radiation.

Focus : le refus de soins discriminatoire

Le CDOM a insisté sur ce sujet majeur :

  • tout signalement de refus de soins discriminatoire vaut plainte ;
  • une conciliation doit être organisée dans les 3 mois ;
  • en cas d’échec, la plainte est transmise à la Chambres Disciplinaires de Première Instance (CDPI), avec un avis motivé.

Les motifs discriminatoires incluent notamment :

  • la situation sociale (ex. CSS, AME),
  • le handicap,
  • l’origine,
  • l’orientation sexuelle,
  • la religion.

Le non‑respect des délais peut entraîner le dessaisissement du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins (CDOM) au profit de la CPAM, qui peut engager une procédure de pénalité financière.

Conclusion

Ces trois interventions ont mis en lumière la complémentarité des acteurs impliqués dans les voies de recours en médecine de ville. L’ARS analyse et agit pour la sécurité des soins, la CPAM garantit l’accès aux droits et aux recours, et l’Ordre veille au respect de la déontologie. Ensemble, ils constituent un écosystème de protection des usagers, essentiel pour renforcer la confiance dans le système de santé.


[REPLAY] Webinaire - Semaine de la Sécurité des Patients 2026 : "Soins sûrs à vie !"

Vous n’avez pas pu assister à notre webinaire de lancement de la Semaine de la Sécurité des Patients 2026 ?

Bonne nouvelle : le replay ainsi que le diaporama sont désormais disponibles !

Organisé par France Assos Santé Grand Est, en partenariat avec la Structure Régionale d’Appui Grand Est et l’Agence Régionale de Santé Grand Est, ce temps fort s’est tenu le jeudi 28 mai 2026 et a réuni 190 participants, représentants des usagers et professionnels en établissement de santé, autour d’un objectif commun : préparer ensemble la campagne SSP 2026.

🔎 Au programme de ce webinaire

Ce webinaire a permis de poser les bases de cette nouvelle édition et d’apporter des clés concrètes pour s’engager dans la démarche :

✅ Présentation des objectifs et du calendrier de la campagne 2026
✅ Décryptage du thème retenu par l’OMS :
« La sécurité des soins pour les personnes atteintes de pathologies chroniques »
✅ Mise en lumière d’outils et de ressources mobilisables par les établissements
✅ 🏆 Remise des prix du concours SSP 2025, avec des retours d’expérience inspirants des structures lauréate

🌟 Un moment fort : valorisation des initiatives de terrain

La remise des prix du concours SSP 2025 a été un temps particulièrement riche, mettant à l’honneur des actions concrètes et innovantes menées dans les établissements de santé du territoire.
Autant d’initiatives inspirantes pour nourrir les projets à venir dans le cadre de la SSP 2026.

📂 Accéder aux ressources

Comme annoncé, le replay et le diaporama de la réunion sont disponibles ici :

Télécharger le diaporama de présentation

🎯 Une dynamique à poursuivre

Ce webinaire marque le lancement d’une mobilisation collective en vue de la Semaine de la Sécurité des Patients, du 14 au 18 septembre 2026.

Nous vous invitons à vous appuyer sur ces contenus pour construire vos actions et contribuer pleinement à cette campagne nationale.

Pour vous accompagner, n’hésitez pas à contacter Marjorie VAUTRIN par mail :

📨: mvautrin@france-assos-sante.org


Pourquoi devenir RU en CPAM ? Regards croisés de 2 Représentantes des usagers

Agnès Michel, membre de l’association SOS hépatites termine actuellement son 5e mandat en CPAM et ne pourra pas poursuivre en raison de la limite d’âge.

Marie Rougane de Chanteloup, membre de l’association familiale catholique de Troyes achève son 1er mandat de RU en CPAM et va poursuivre son engagement en postulant à nouveau en 2026.

Nous les avons interrogées afin de vous donner à voir concrètement ce qu’implique et apporte le mandat de RU en CPAM.

  • Quel est le rôle du conseil de la CPAM ?
Agnès M. : « Le conseil de la CPAM valide le budget d’intervention et de gestion proposé par la CNAM. Il doit connaitre le travail de la CPAM départementale et s’assurer que tout le territoire est bien pris en compte. S’assurer qu’il y a toujours des lieux d’accueil dans le département autre que son siège.
Le conseil peut aussi être informé du fonctionnement des centres de santé mis en place. Des échanges sont organisés avec le médecin conseil, le responsable de la comptabilité, et les différentes personnes responsables des différents groupes de salariés.
Il peut aussi inviter des personnalités extérieures (ex. directeur d’hôpital, MDPH) pour présenter leur rôle et leur articulation avec la CPAM.
Il y a au minimum 4 réunions par an.
Les conseillers votent la présence des différents membres des commissions qui doivent être accessibles aux 3 collèges. »
  • Pourquoi est-il essentiel que des représentants des usagers siègent au sein du conseil de la CPAM ?

Agnès M : « Le RU défend l’ensemble des usagers du système de santé sans mettre en avant sa personne. »
Marie RDC : « Les RU en CPAM ont un rôle fondamental car ils représentent les usagers. Notre posture est de faire en sorte que les gens soient bien soignés et bien remboursés.
Notre rôle est d’attirer l’attention sur les difficultés que rencontrent les usagers dans notre département comme la difficulté à trouver un médecin traitant ou un spécialiste à proximité de chez eux.
Devenir RU en CPAM c’est jouer un rôle de veille sur ce qui se passe en matière de santé dans votre département. Parfois, on nous présente un tableau embelli de l’offre de soins et c’est important d’être présent pour rappeler ce qu’est la réalité du terrain. »
  • Selon vous quelles commissions de la CPAM sont à privilégier par les RU et pourquoi ? 

Agnès M. : « Les commissions où il est directement question de la situation des usagers. La CASS (Commission d’Action Sanitaire et Sociale) ; La Commission de Recours Amiable des usagers et la Commission Paritaire des Médecins.
Les formations délivrées par France Assos Santé permettent de bien s’y impliquer »
Marie RDC : «Je fais partie du bureau de la CPAM, de la CRU (Commission des Relations aux Usagers) et je représente la CPAM au centre de médecine préventive à Nancy.
Ne faisant pas partie d’autres commissions je ne sais pas trop lesquelles vous recommander. D’après ce que j’entends les commissions des pénalités et CRA semblent être des commissions intéressantes où siéger.
Pour moi, le fait d’être membre du bureau me permet d’avoir des contacts plus directs avec la Direction. C’est plus facile de poser des questions, de soulever des points en plus petit comité. Je le recommande.»
  • Quel message aimeriez-vous adresser à des bénévoles qui envisagent de devenir représentants des usagers à la CPAM ?

Agnès M. : «Je les remercie pour leur investissement. Je leur conseille de bien échanger avec les différents collèges employeurs, syndicats et les différents membres de leur collège 3 qui sont des alliés.»
Marie RDC : «En ce 80ème anniversaire de la Sécurité Sociale, c’est spécialement important si on veut défendre un système de santé de qualité accessible à tous.
A titre personnel, ce mandat m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement de la sécurité sociale et les enjeux en matière de santé, de rencontrer des gens intéressants et d’horizons variés, et de faire équipe avec les représentants de l’Udaf, de la FNATH ainsi qu’avec les représentants des mutuelles dont le combat va généralement dans le même sens que nous, représentants de France Asso Santé. Je vous encourage à vous lancer dans cette aventure, vous ne le regretterez pas.»
 

Vous êtes convaincus ou presque, participez à l’un des temps d’échanges organisés par France Assos Santé Grand Est sur le mandat RU en CPAM.

Afin de manifester votre intérêt pour ce mandat, vous pouvez d’ores et déjà vous faire connaître auprès de Esther MUNERELLE – Coordinatrice – emunerelle@france-assos-sante.org – 06 25 47 32 05

Pour aller plus loin 

  • Consultez notre brochure « Devenir RU en CPAM » : Cliquez ICI

[REPLAY] Webinaire | e-santé : quelles conditions pour soigner l’accès aux soins ?

Alors que la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie) organise le 27 juin ses Assises Nationales de la Télémédecine, ce webinaire était l’occasion de porter un regard territorial sur l’apport du numérique dans l’accès aux soins.

L’enjeux de ce webinaire était d’exposer les conditions sine qua non pour que la santé numérique puisse être un réel levier d’accès aux soins. L’innovation est incontournable mais elle doit être menée de manière concertée, cohérente et organisée au sein des parcours de soins existants.

Lors de cet évènement, nous avons donné la parole aux représentants d’e-Meuse Santé et OpenCare lab. Ces deux modèles de développement du numérique au service de l’accès aux soins illustrent un travail de prise en compte des préoccupations des différentes parties prenantes du système de santé dont les usagers.

INTERVENANTS 

  • Jean PERRIN, Elu référent à France Assos Santé Grand Est
  • Jean-Charles DRON, Directeur Opérationnel e-Meuse santé
  • Dr Jean-Claude CORNU, Chef de Service de Pneumologie Centre Hospitalier de Verdun Saint-Mihiel
  • Guillaume FACCHI, Président Directeur Général d’OpenCare Lab

Nous vous souhaitons un bon visionnage de ce Webinaire


[REPLAY] Webinaire - Semaine de la Sécurité des Patients : RU soyez au rendez-vous !

France Assos Santé Grand Est a organisé un webinaire le 12 juin dernier à visée préparatoire de la Semaine de la Sécurité des Patients qui se déroulera cette année du 15 au 19 septembre.

L’objectif poursuivi était d’informer su ce qu’est la Semaine de la Sécurité des Patients (SSP) et donner des pistes de réflexion autour desquelles, représentants des usagers et professionnels en établissement de santé, peuvent échanger afin de mettre en place des actions ciblées sur la thématique de l’année « des sois sûrs pour chaque nouveau né et chaque enfant ».

Ils étaient nombreux et nous les en remercions !

Comme annoncé, le replay de la réunion est disponible ici :

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Le diaporama diffusé  dans lequel tous les liens (cliquables directement sur le fichier) donnant accès aux différents outils présentés est téléchargeable ici :

Marjorie se tient à votre disposition pour tout besoin d’information complémentaire  et/ou, pour les représentants des usagers faisant partie d’une association adhérente à France Assos Santé, pour tout besoin d’accompagnement méthodologique.

???? mvautrin@france-assos-sante.org

☎️ 07 56 34 08 82


"Garantir l'accès tout en maîtrisant les prescriptions : le défi des antibiotiques" Retour sur la commission du réseau

Pour sa première commission réseau de 2025, France Assos Santé Grand Est a invité le Dr Florence LIEUTIER-COLAS, Pharmacien Praticien Hospitalier et responsable du CRAtb Grand Est (Centre régional en antibiothérapie) AntibioEst.

L’objet de cette commission réseau était de permettre aux adhérents d’être correctement informés sur les enjeux de l’antibiorésistance et découvrir des outils de sensibilisation du grand public sur le sujet.

Le déroulé de l’intervention a porté sur les Enjeux de l’antibiorésistance à l’international et en Grand Est. Dr Colas nous a ensuite présenté les acteurs et actions en Grand Est ainsi que les Outils de sensibilisation du grand public.

L’antibiorésistance, un problème de santé publique majeur

L’antibiotique est un médicament, accessible uniquement sur prescription médicale, qui permet de ralentir la croissance ou tuer des bactéries. Les antibiotiques vont éliminer les bactéries qui nous rendent malades mais sont susceptibles d’avoir également un impact sur celles qui permettent de faire fonctionner notre corps :  le microbiote.

Le microbiote contribue notamment à la digestion des aliments, l’absorption des nutriments, la synthèse de certaines vitamines ainsi qu’à la protection contre certaines infections en aidant le système immunitaire.

Le recours aux antibiotiques n’est pas anodin, car toute antibiothérapie a un impact sur notre microbiote.

Les causes de l’antibiorésistance 

La résistance aux antibiotiques est la capacité d’une bactérie à lutter contre l’action d’un ou de plusieurs antibiotiques. Les humains et les animaux ne deviennent pas résistants aux traitements antibiotiques, ce sont les bactéries qu’ils portent qui peuvent le devenir.

La surconsommation d’antibiotiques et leurs mauvais usages favorisent depuis des années l’émergence des bactéries résistantes et cela dans tous les écosystèmes, compromettant l’efficacité des traitements pour les humains et les animaux. La pression de sélection exercée par toutes les utilisations d’antibiotiques depuis 80 ans est donc en cause.

Mais au-delà du monde de la santé, l’incorporation des antibiotiques dans l’alimentation des animaux d’élevage (interdite en utilisation pour favoriser la croissance animale dans l’UE depuis 2006) ainsi que le rejet d’antibiotiques et désinfectants dans l’environnement participent activement à l’antibiorésistance.

Un exemple pour expliquer comment la résistance aux antibiotiques se propage :

Dans les élevages, les animaux peuvent être traités par des antibiotiques et donc être porteurs de bactéries résistantes aux antibiotiques, les légumes peuvent être contaminés par des bactéries résistantes aux antibiotiques issus du fumier animal utilisé comme engrais. Les bactéries résistantes aux antibiotiques peuvent être transmises à l’homme par l’ingestion d’aliments et par contact direct avec les animaux.

Les traitements antibiotiques à spectre étroit (actifs sur moins d’espèces bactériennes, visant spécifiquement les bactéries pathogènes chez le patient) seront privilégiés.

La réalisation d’un antibiogramme permettra de connaitre les antibiotiques actifs (ou pas) sur la bactérie isolée d’un prélèvement biologique du patient (hémoculture, urines, …). Ces résultats permettront de guider la prescription antibiotique.

La surconsommation d’antibiotiques est responsable de l’augmentation des résistances bactériennes aux antibiotiques, faisant craindre des impasses thérapeutiques de plus en plus fréquentes.

Les conséquences  de l’antibiorésistance 

  • Ce phénomène compromet l’efficacité des traitements antibiotiques, nuisant à notre santé et à celle des animaux.
  • Des bactéries qui n’étaient plus un danger pour l’être humain peuvent ainsi redevenir difficiles voire impossibles à éliminer.
  • L’antibiorésistance menace aussi les succès de la médecine moderne, puisque les chirurgies complexes, les chimiothérapies anticancéreuses, les prises en charge en réanimation, par exemple, se compliquent parfois d’infections bactériennes et nécessitent des antibiotiques efficaces.

La consommation d’antibiotique en France et en Grand Est

Des études révèlent que une fois sur deux les antibiotiques prescrits sont en réalité inutiles ou inappropriés. Comme le montre le schéma ci-dessous, entre 2013 et fin 2019 la consommation d’antibiotiques toutes classes d’âges confondues a diminué progressivement.  Depuis le covid en 2020, cette consommation d’antibiotiques a réaugmentée particulièrement pour les 0-4 ans et est revenue aux niveaux d’avant COVID*.

*(source : Santé Publique France )

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En Europe, la France reste parmi les 5 plus fort prescripteurs en antibiotiques (le 3e plus gros consommateur d’antibiotiques il y a 10 ans et nous étions en 2022 toujours en 5e positions). En France la région Grand Est fait partie des régions les plus consommatrices d’antibiotiques en établissement de santé.

Les acteurs en région Grand Est

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Le CRATB agit auprès des établissements de santé, établissements médico-sociaux, soin ambulatoire et du grand public afin de :

  • Mettre en œuvre, en région, la stratégie nationale de prévention des infections et de l’antibiorésistance  sur le volet bon usage des antibiotiques (BUA)
  • Apporter expertise et appui aux professionnels de santé, quels que soient leurs modes et lieux d’exercice,  pour le bon usage des antibiotiques (BUA) et la prévention de l’antibiorésistance
  • Coordonner et animer les réseaux de professionnels de santé en charge de la mise en place des programmes de BUA (équipes multidisciplinaires et référents en antibiothérapie, médecins généralistes formés à l’antibiothérapie)

Ils mettent en œuvre des orientations régionales de la politique de santé dans le domaine du bon usage des antibiotiques et de la lutte contre l’antibiorésistance.

Afin d’accompagner les différents acteurs du bon usage des antibiotiques (BUA) sur ces questions, il existe des Equipes Multidisciplinaires en Antibiothérapie (EMA). Il y en a 4 en région Grand Est portées par le CHU de Reims, les hôpitaux universitaires de Strasbourg, le CHU de Nancy et les Hôpitaux Civils de Colmar. Ces EMA organisent une activité de conseil clinique en infectiologie dans et hors les murs, et proposent des actions de promotion du BUA sur les territoires géographiques de leur GHT.  L’objectif 2026 est d’avoir 11 EMA pour les 11 GHT en Grand Est, grâce au soutien financier de l’ARS Grand Est.

Pour tout savoir sur le CRATB – RDV sur leur site internet

Outils de sensibilisation du grand public

L’antibiorésistance étant une priorité à forts enjeux, de nombreux outils ont été développés y compris pour sensibiliser le grand public.

Antibio’Malin 

C’est un espace en ligne thématique contenant des informations pratiques accessibles à tous. Il a pour but d’améliorer les connaissances sur comment s’attrape une infection, comment éviter de la transmettre à son entourage et que faire pour se sentir mieux. Il informe sur les traitements antibiotiques et les principales infections. L’objectif est de nous permettre d’utiliser les antibiotiques uniquement lorsque c’est nécessaire et à bon escient.

E-bug 

C’est une ressource pédagogique gratuite et ludique destinée aux élèves de la maternelle au lycée, à leurs enseignants, aux soignants ainsi qu’aux étudiants en santé. Il recense des outils concernant les micro-organismes, la transmission, la prévention et le traitement des infections.

D’autres outils sont produits et mis à disposition par Santé Publique France et l’Assurance Maladie.

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Le CRATB est tout à fait prêt à collaborer avec le réseau de France Assos Santé pour mieux sensibiliser sur l’antibiorésistance, sur le fonctionnement des antibiotiques et sur les ressources existantes pour permettre à chacun d’être mieux informé et de mieux se soigner.

De nombreux outils sont déjà disponibles sur le site :  https://www.antibioest.org


[REPLAY] Webinaire "Les inégalités sociales et territoriales en santé en région Grand Est"

Le lundi 31 mars, de 10h à 12h, France Assos Santé Grand Est a organisé, en lien avec l’ORS Grand Est et l’Udaf 51, un webinaire destiné à sensibiliser et informer les acteurs associatifs sur les inégalités sociales et territoriales de santé qui affectent la région Grand Est. Cet événement a été l’occasion de faire le point sur cette problématique majeure et de découvrir les leviers concrets pour y remédier.

Les inégalités sociales et territoriales de santé restent une réalité prégnante dans de nombreuses régions de France, notamment Grand Est. Dans le cadre de son plan stratégique 2023-2026, France Assos Santé Grand Est a souhaité constituer un groupe de travail portant sur la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé. C’est à travers les travaux de ce groupe, que la volonté de mettre en place ce webinaire est née.
Les membres du groupe de travail ont souhaité pouvoir sensibiliser les membres des associations adhérentes à France Assos Santé Grand Est, aux enjeux liés à ces inégalités, tout en proposant des solutions et des actions concrètes pour les réduire.


Retour sur notre commission du réseau sur le pouvoir d’agir des personnes vulnérables en matière de vie intime, sexuelle et affective.

Les personnes en situation de handicap ont le droit, comme tout un chacun, au respect de leur vie privée. Bien que la reconnaissance d’une vie affective et sexuelle chez les personnes en situation de handicap ait progressé ces dernières années, dans les faits le tabou persiste.

Lors de notre dernière commission de réseau, nous avons invité l’UDAF 54 à venir nous présenter deux dispositifs qu’elle porte en Grand Est au service de l’autodétermination des personnes vulnérables en matière de santé sexuelle et affective.

Quelques données de contexte :

Les femmes en situation de handicap sont particulièrement vulnérables face aux violences et maltraitances. Les chiffres sont alarmants : en Europe, quatre femmes sur cinq en situation de handicap subissent des violences ou maltraitances, qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles, financières ou médicales. Parmi elles, 35 % subissent des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire, contre 19 % des femmes dites valides.

Parallèlement à cela l’accès à la santé des femmes en situation de handicap est insuffisant.

Ouverture du centre IntimAgir Grand-Est : un dispositif innovant

Face à cette situation alarmante, et pour donner suite au grenelle contre les violences conjugales, le ministère de la santé a mandaté les ARS régionales pour mettre en place des initiatives concrètes, avec la création de centre ressources. Le 1er mars 2022, le centre ressources IntimAgir Grand-Est a ouvert ses portes. Il s’agit d’un dispositif innovant, créé par et pour les personnes en situation de handicap, avec des missions bien définies :

  1. Recenser, informer et mutualiser les ressources existantes sur les thématiques de la vie intime, affective, et sexuelle, ainsi que sur la parentalité et la lutte contre les violences.
  2. Dynamiser les réseaux et le partenariat à l’échelle régionale pour favoriser une meilleure collaboration entre les acteurs.
  3. Offrir un premier niveau d’écoute et d’orientation aux personnes concernées et leurs aidants.
  4. Améliorer les compétences des professionnels de santé et du secteur médico-social pour une prise en charge plus adaptée.

Ce centre souhaite fédérer les acteurs régionaux et créer un espace de collaboration autour de ces thématiques sensibles. Il vise à favoriser l’autodétermination et l’autonomisation des personnes en situation de handicap, leur permettant ainsi de mieux prendre position et faire des choix éclairés concernant leur vie intime et leur santé.

Le projet Handigynéco : un suivi gynécologique adapté

Parallèlement, un autre projet clé a vu le jour pour répondre à une problématique majeure : le suivi gynécologique des femmes en situation de handicap. Le projet Handigynéco, initialement expérimenté en Île-de-France, Bretagne et Normandie, est désormais déployé dans la région Grand-Est, sous l’égide du centre IntimAgir.

Plus de 60 % des femmes en situation de handicap dans les établissements médico-sociaux (ESMS) ne bénéficient pas d’un suivi gynécologique régulié. Handigynéco entend changer cela en offrant un accès équitable aux soins gynécologiques tout en prenant en compte les spécificités des handicaps et les besoins particuliers de chaque femme.

Les objectifs du projet Handigynéco :

  • Prévention et dépistage des pathologies gynécologiques.
  • Promotion de la santé génésique et sexuelle, avec des conseils sur la contraception et la parentalité.
  • Dépistage des violences et accompagnement des victimes.
  • Sensibilisation à la vie affective et sexuelle (VAS), avec une forte emphase sur la prévention des violences faites aux femmes.

Un dispositif sur mesure

Des sage-femmes formées spécifiquement à cette approche interviennent directement dans les établissements médico-sociaux. Elles réalisent des consultations individuelles de prévention d’une heure et animent des ateliers de sensibilisation. Cette approche garantit un accès à un suivi gynécologique souvent inexistant jusqu’à présent. Les sage-femmes bénéficient d’une formation de trois jours sur les spécificités des handicaps, les techniques de communication alternative et augmentée, et le travail en réseau.

Le projet est financé par l’ARS du Grand-Est, garantissant une gratuité des services pour les établissements médico-sociaux. Cela permet de rendre ce suivi essentiel accessible à toutes les femmes concernées, tout en rémunérant les sages-femmes pour leur participation.

 

Le centre IntimAgir Grand-Est et le projet Handigynéco représentent des avancées majeures dans la lutte contre les violences faites aux femmes en situation de handicap et dans l’amélioration de leur prise en charge médicale, notamment gynécologique.

Ces initiatives offrent un soutien indispensable aux personnes en situation de handicap afin de leur permettre d’accéder à la vie intime, amoureuse et sexuelle à laquelle elles aspirent.

Pour en savoir plus :

https://crhvas-grandest.fr/

Contact :

Julie BANDEL
Cheffe de service du centre de ressources
Tél : 06 49 48 17 19
Mail : julie.bandel@udaf54.com