Les Représentants des Usagers au cœur de la prévention : retour sur les 5èmes Assises régionales des RU du Grand Est

Le 28 avril 2026, France Assos Santé Grand Est a réuni à Nancy 66 participants à l’occasion des 5èmes Assises régionales des Représentants des Usagers, organisées autour d’un thème particulièrement d’actualité : « La prévention, un droit pour tous : agir en tant que Représentant des Usagers ».
Tout au long de la journée, Représentants des Usagers (RU), professionnels, associations et partenaires institutionnels ont partagé leurs réflexions et leurs expériences afin d’identifier comment renforcer la place des usagers dans les actions de prévention.

Un constat partagé : la prévention doit prendre toute sa place

En ouverture des Assises, Laurent DAL MAS, Directeur de la Direction de la Santé Publique de l’ARS Grand Est, et Daniel FONTAINE, Vice-président de France Assos Santé Grand Est, ont rappelé que la prévention constitue un enjeu majeur pour répondre aux défis sanitaires actuels : maladies chroniques, inégalités sociales et territoriales de santé, accès aux soins ou encore vieillissement de la population.

Un message fort a marqué cette introduction :
Les Représentants des Usagers ont un rôle essentiel à jouer dans les actions de prévention et de promotion de la santé.

Comprendre la prévention pour mieux agir

La matinée a été consacrée à une table ronde réunissant le Pr Cédric BAUMANN et Justine SCHWEICH autour des fondements et des enjeux actuels de la prévention.
Les échanges ont permis de rappeler que :

  • la prévention ne se limite pas au dépistage ou à la vaccination ;
  • la santé dépend aussi des conditions de vie, de l’environnement et des déterminants sociaux ;
  • la réduction des inégalités sociales et territoriales de santé demeure un défi prioritaire ;
  • la littératie en santé est devenue un enjeu majeur dans un contexte de multiplication des informations disponibles.

Les intervenants ont également souligné qu’une prévention efficace repose sur la participation des usagers et sur des actions construites au plus près des réalités des territoires.

Les RU : déjà acteurs de la prévention

L’atelier participatif de la journée a invité les participants à réfléchir à la question : « En tant que RU, comment je peux être acteur de la prévention dans mon mandat ? »
Les travaux ont mis en évidence la diversité des leviers à la disposition des RU :

  • informer et sensibiliser les usagers ;
  • promouvoir les droits en santé ;
  • accompagner les patients et leurs proches ;
  • participer aux démarches qualité et sécurité des soins ;
  • développer des partenariats ;
  • mener des actions de plaidoyer ;
  • contribuer à la littératie en santé.

L’un des enseignements majeurs de cet atelier est que les RU sont déjà des acteurs de prévention dans leurs missions quotidiennes, parfois sans l’identifier comme tel.

Des initiatives inspirantes sur le terrain

La table ronde de l’après-midi a permis de découvrir trois expériences concrètes portées par des RU :

  • « Les Petits Détectives de la Clinique Jeanne d’Arc » à Lunéville, une action ludique de sensibilisation des enfants à la santé et à la sécurité des soins ;
  • un mur d’expression sur les droits des usagers à l’Hôpital de Château-Salins ;
  • une journée « Le droit à la prévention » organisée aux Hôpitaux du Massif des Vosges avec de nombreux partenaires.

Ces projets ont démontré qu’avec de l’engagement, du travail partenarial et une bonne connaissance des besoins des usagers, les Représentants des Usagers peuvent initier des actions concrètes et utiles pour la population.

Une ambition : passer de la réflexion à l’action

La journée s’est conclue autour d’une question simple mais essentielle :
« En tant que RU, qu’est-ce que je vais mettre en place demain pour faire vivre le droit à la prévention auprès des usagers que je représente ? »
Cette interrogation résume parfaitement l’ambition de ces Assises : faire des Représentants des Usagers des acteurs pleinement engagés dans la construction d’une prévention plus accessible, plus participative et plus proche des besoins des citoyens.

Télécharger la synthèse des Assises

Retrouvez l’ensemble des interventions, témoignages, ateliers et retours d’expériences dans le document de synthèse des 5èmes Assises régionales des Représentants des Usagers du Grand Est.

Télécharger le document

[Appel à candidatures] Devenez Représentant des Usagers au sein des Commissions Départementales des Soins Psychiatriques (CDSP)

L’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est lance un appel à candidature pour recruter des Représentants des Usagers (RU) au sein des Commissions départementales des soins psychiatriques (CDSP). Cette mission constitue une opportunité unique de contribuer à la défense des droits des personnes prises en charge en psychiatrie sous contrainte et de participer à une instance essentielle de contrôle et de vigilance.

👉 Consultez l’appel à candidature de l’ARS Grand Est :
https://www.grand-est.ars.sante.fr/recrutement-de-professionnels-de-sante-et-de-representants-dusagers-au-sein-des-commissions

Qu’est-ce qu’une CDSP ?

La Commission départementale des soins psychiatriques est une instance indépendante présente dans chaque département. Sa mission est de veiller au respect des libertés individuelles et de la dignité des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques sans leur consentement. Elle examine les situations individuelles, contrôle certaines pratiques et s’assure du respect des droits des patients.

Les CDSP occupent une place particulière dans le paysage de la démocratie en santé. Elles réunissent des professionnels de santé et des représentants des usagers qui apportent leur expertise citoyenne et leur connaissance de l’expérience vécue des patients et de leurs proches. Il s’agit d’ailleurs de l’une des rares instances où des représentants des usagers participent directement au contrôle des pratiques en psychiatrie.

Quel est le rôle d’un Représentant des Usagers en CDSP ?

Le RU participe activement aux travaux de la commission. Parmi ses principales missions :

    • examiner les situations de soins psychiatriques sans consentement ;
    • étudier les réclamations et observations formulées par les patients ou leurs représentants ;
    • participer aux visites des établissements de santé ;
    • vérifier les conditions de prise en charge des patients ;
    • contrôler les registres relatifs aux mesures d’isolement et de contention ;
    • contribuer à l’élaboration du rapport annuel d’activité de la commission ;
    • participer à la protection des droits fondamentaux des personnes hospitalisées sans leur consentement.

Siéger en CDSP, c’est agir concrètement en faveur des personnes les plus vulnérables et contribuer à l’amélioration continue des pratiques en santé mentale.

Qui peut candidater ?

Pour être nommé représentant des usagers au sein d’une CDSP, les candidats doivent :

    • être membres ou issus d’une association agréée du système de santé ;
    • être proposés par une association agréée représentant les usagers ou les familles de personnes vivant avec des troubles psychiques ;
    • avoir un intérêt pour les questions de santé mentale, de psychiatrie et de droits des usagers ;

Le mandat est d’une durée de trois ans renouvelable. La commission est composée de cinq membres : deux psychiatres, un médecin généraliste et deux représentants associatifs, dont un représentant des usagers.

Pourquoi s’engager ?

Être représentant des usagers en CDSP permet :

    • de défendre les droits des personnes hospitalisées en psychiatrie ;
    • d’apporter un regard citoyen sur les pratiques professionnelles ;
    • de participer à une mission d’intérêt général ;
    • de développer une expertise dans le domaine de la santé mentale ;
    • de contribuer à la démocratie en santé et au respect des droits fondamentaux.

Saisissez cette occasion de mettre votre expérience et votre engagement au service de la protection des droits des personnes vivant avec des troubles psychiques !


Retour sur la commission du réseau sur les voies de recours en médecine de ville

Dans le cadre de ses travaux sur l’accès à des soins de qualité, France Assos Santé Grand Est a organisé une commission du réseau dédiée aux voies de recours en médecine de ville, le 17 juin à Nancy.

Les échanges menés au sein du groupe de travail ont mis en évidence une méconnaissance importante de ces recours par les usagers, souvent démunis face à un problème de soins et ne sachant pas vers qui se tourner. Une enquête régionale est venue confirmer ce constat, révélant également un renoncement fréquent à engager des démarches.

Cette commission a ainsi été organisée pour mieux comprendre le fonctionnement des recours, le rôle des acteurs et les réalités territoriales, avec l’objectif, à terme, de mieux informer et accompagner les usagers.

Cet article revient sur ces trois temps forts.

  1. L’ARS Grand Est : comprendre et traiter les signaux pour protéger les usagers

  1. Grégory BILLIET, Inspecteur chargé d’inspection et de contrôle à la Direction Inspection, Contrôle et Evaluation (DICE) de l’ARS Grand Est a ouvert la séance en présentant la gestion des problèmes signalés — un enjeu majeur pour la qualité et la sécurité des soins. La DICE reçoit et traite trois types de signaux :
  • Événements indésirables graves, déclarés par les établissements ;
  • Réclamations, déposées par les usagers ou leurs proches ;
  • Signalements, émis par des partenaires, administrations ou professionnels.

Les sollicitations peuvent parvenir par de multiples canaux (délégations départementales, site ARS, services nationaux…). Une fois centralisées, elles reçoivent un accusé de réception systématique, puis sont instruites par la délégation départementale concernée.

Les données présentées montrent une hausse importante des signaux depuis 2020, avec une forte proportion de réclamations liées :

  • au sanitaire (34 %),
  • aux EHPAD (21 %),
  • à la médecine de ville (15 %),
  • aux transports sanitaires (12 %).

En médecine de ville, les motifs les plus fréquents concernent :

  • la relation avec les professionnels (48,9 %),
  • la qualité de la prise en charge médicale (43,2 %),
  • l’accès aux soins (40,6 %).

L’ARS distingue ensuite deux situations :

  • Profession à ordre : l’Ordre est saisi, et en cas de danger grave, une suspension immédiate peut être prononcée (8 suspensions en un an).
  • Profession sans ordre : traitement direct par l’ARS, ou orientation vers la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), Le Comité Départemental de l’Aide Médicale Urgente, de la Permanence des Soins et des Transports Sanitaires (CODAMUPS‑TS), ou le procureur via l’article 40.

L’objectif reste constant : analyser, orienter, agir et protéger les usagers.

  1. La CPAM : garantir l’accès aux soins et accompagner les recours des assurés

Mme Gaëlle LANGLARD, Responsable de service Gestion du Risque et Lutte contre la Fraude à la CPAM 54 et M. Monsieur Cédric ESTRADA, chargé d’étude juridique, ont ensuite présenté deux volets essentiels :

  1. L’accès aux soins des personnes en situation de handicap,
  2. Les voies de recours contre ses décisions.

Accès aux soins : des outils pour réduire les inégalités

La CPAM a rappelé un constat préoccupant :

  • 66 % des personnes en situation de handicap rencontrent des difficultés d’accès aux soins,
  • 54 % jugent leur état de santé mauvais ou très mauvais.

Pour y répondre, deux outils structurants sont déployés :

  • L’annuaire Santé.fr, qui recense l’accessibilité des cabinets médicaux et paramédicaux ;
  • Le baromètre Handifaction, qui mesure l’accès réel aux soins à partir des retours des patients.

Ces dispositifs permettent d’objectiver les difficultés, d’orienter les politiques locales et de sensibiliser les professionnels.

Les recours contre les décisions de la CPAM

Deux commissions interviennent selon la nature du litige :

  • Commission de Recours Amiable (CRA) pour les recours administratifs ;
  • Commission médicale de recours amiable (CMRA) pour les recours médicaux.

Les délais sont stricts :

  • 2 mois pour saisir la commission,
  • 2 à 4 mois pour statuer selon la commission.

La CPAM a également présenté le téléservice de signalement des remboursements suspects, accessible depuis le compte Ameli, permettant aux assurés de contribuer à la lutte contre la fraude.

  1. Le Conseil départemental de l’Ordre des Médecins 54 (CDOM): le rôle disciplinaire et le traitement des plaintes

Le président du CDOM 54, Docteur Franck BRESLER,  a rappelé sa mission fondamentale : veiller au respect de la déontologie médicale et sanctionner les manquements. Une plainte est définie comme une demande de sanction à l’égard d’un médecin. Tout usager peut en déposer une.

Le parcours d’une plainte

  1. Réception et accusé de réception,
  2. Transmission au médecin pour observations,
  3. Tentative de conciliation, obligatoire et menée par des conseillers ordinaux,
  4. En cas d’échec : transmission à la Chambre Disciplinaire de Première Instance (CDPI).

Les sanctions possibles vont de l’avertissement à la radiation.

Focus : le refus de soins discriminatoire

Le CDOM a insisté sur ce sujet majeur :

  • tout signalement de refus de soins discriminatoire vaut plainte ;
  • une conciliation doit être organisée dans les 3 mois ;
  • en cas d’échec, la plainte est transmise à la Chambres Disciplinaires de Première Instance (CDPI), avec un avis motivé.

Les motifs discriminatoires incluent notamment :

  • la situation sociale (ex. CSS, AME),
  • le handicap,
  • l’origine,
  • l’orientation sexuelle,
  • la religion.

Le non‑respect des délais peut entraîner le dessaisissement du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins (CDOM) au profit de la CPAM, qui peut engager une procédure de pénalité financière.

Conclusion

Ces trois interventions ont mis en lumière la complémentarité des acteurs impliqués dans les voies de recours en médecine de ville. L’ARS analyse et agit pour la sécurité des soins, la CPAM garantit l’accès aux droits et aux recours, et l’Ordre veille au respect de la déontologie. Ensemble, ils constituent un écosystème de protection des usagers, essentiel pour renforcer la confiance dans le système de santé.