Un guide pour favoriser l'implication des usagers en Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP)
Le 18 janvier 2024, à l’occasion d’un séminaire régional organisé par l’ARS, la FEMAGE et l’Assurance Maladie, à destination des acteurs des MSP, France Assos Santé a co-animé un atelier sur l’implication des usagers dans les maisons de santé.
La FEMAGE est la Fédération de l’Exercice coordonné et des MAisons de santé du Grand Est. La FEMAGE promeut l’exercice coordonné pluri-professionnel libéral et salarial en soins primaires et secondaires, pour une amélioration de l’accès aux soins de proximité et de la qualité des soins à l’échelle de la région Grand Est. La Fédération accompagne les projets des équipes de soins coordonnés (ESP, MSP et CPTS) du Grand Est. Elle représente les exercices coordonnés auprès des instances locales et régionales. Elle est affiliée au niveau national à AVECsanté (Avenir des Equipes Coordonnées).
Lors de cet atelier, l’intérêt d’un guide pratico-pratique à destination des MSP qui se posent la question d’impliquer des usagers, a émergé.
Nous avons le plaisir de porter à votre connaissance le livrable réalisé grâce à une collaboration entre la FEMAGE et France Assos Santé Grand Est.
Lettre ouverte à Mme la Préfète du Bas-Rhin et de la région Grand Est - Restrictions de libertés lors du passage de la flamme olympique
Madame la Préfète,
Votre cabinet a organisé, le 3 juin, une réunion avec les directeurs des trois établissements autorisés en psychiatrie du Bas-Rhin pour les informer qu’il faut s’attendre à des blocages de sorties des patients hospitalisés à la demande du représentant de l’Etat (SDRE), dès avant et pendant la période des festivités de passage de la flamme olympique dans le département.
Il s’agirait de refus de demandes de levée de SDRE, de sorties d’hospitalisation complète en programme de soins, de permissions de courte durée, et même de sorties pour des examens médicaux programmés.
Cette décision inédite expose les patients souffrants de troubles psychiques au risque d’une dégradation de leur état de santé. Elle expose également les équipes de prise en charge, soignants comme familles, à devoir assumer les conséquences de votre décision.
Cette initiative, contraire à tous les principes de libertés publiques et de santé publique, stigmatise toujours davantage une population en situation de vulnérabilité. Cette recherche de sécurité sans aucune nuance ni analyse et sans certitude sur sa nécessité n'a pour effet que de renvoyer le patient hospitalisé en psychiatrie à une dangerosité.
Cette décision s'inscrit à contrepied de l'avis des professionnels de soins en charge de l'accompagnement des malades qui indiquent, études à l’appui, que ces sorties constituent un maillon essentiel des soins des patients en contribuant à leur bien-être.
Aussi, pour l'ensemble des raisons exposées ci-avant, nous vous demandons de retirer cette décision inacceptable de sorte que le traitement des sorties d'établissements suive son cours normal sans être perturbé par des évènements extérieurs ou sur la base de considérations non démontrées.
Nous vous prions de croire, Madame la préfète, en l’assurance de notre haute considération.
Jean-Michel MEYER
Président
Cosignataires :
Journée de lancement des Groupes de Travail de France Assos Santé Grand Est
Ce jeudi 20 juin 2024 avait lieu la journée de lancement des Groupes de travail (GT) de France Assos Santé Grand Est. Une dizaine d’acteurs associatifs étaient présents au Domaine de l’Asnée à Villers-lès-Nancy pour apprendre à se connaitre, échanger sur les thématiques définies dans le cadre du Plan stratégique 2023-2026 de France Assos Santé Grand Est, et, définir des axes de travail pour les années à venir.

France Assos Santé Grand Est a réuni les adhérents de ses associations membres qui ont souhaité s’investir dans les groupes de travail (GT) pour lancer la dynamique de l’ambition 3 de son plan stratégique. La matinée a été mis sous le signe de l’interconnaissance. Les équipes ont proposé à chaque participant de produire un blason afin de présenter leur association, leur rôle au sein de cette association et ce qu’il pensait pouvoir apporter au GT.


Nous avons terminé la matinée, par quelques apports théoriques sur les thématiques définies par les membres des associations du réseau lors d’une enquête menée du 22 juin au 17 septembre 2023, et validées par les membres présents au séminaire régional du 27 septembre 2023.
Après une pause méridienne, nous avons repris la journée à l’aide de technique participative pour travailler concrètement sur les thématiques :
- Réduire les inégalités sociales et territoriales en matière de santé
- Accompagner les citoyens dans la complexité du système de santé pour qu’ils puissent s’y repérer et prendre, individuellement et collectivement, part aux décisions qui les concernent en matière de santé
- Favoriser l’accès aux soins de qualité.
NB : Faute de participant, la 3ème thématique n’a pas pu être travaillée.
Des cartes mentales, on permis aux personnes présentes de définir dans un premier temps des sous-thématiques, puis des actions potentielles à travailler.


Nous avons donc pu recenser l’ensemble des idées d’actions proposées par les différents GT pour savoir s’il s’agissait d’actions réalisables par le GT « Pour nous », réalisables par d’autres acteurs « Pour eux », ou s’il s’agissait d’actions déjà proposées par France Assos Santé via ses différents services (service formation, pôle plaidoyer national, etc…).


Pour terminer la journée de travail, les personnes présentes ont pu prioriser chaque action réalisable par les GT, à l’aide de gommettes.

Les 3 actions prioritaires pour le GT « Réduire les Inégalités Sociales et Territoriales en matière de Santé (ISTS) » sont les suivantes :
- Savoir comment fonctionne les Services d’Accès aux Soins (SAS) et leur organisation
- Faire un état des lieux sur les ISTS en région Grand Est par rapport à l’offre de soins
- Créer un partenariat avec les Maisons France Service au niveau régional pour faire connaître Santé Info Droits
Les 3 actions prioritaires pour le GT « Accompagner les citoyens dans la complexité du système de santé pour qu’ils puissent s’y repérer et prendre part aux décisions qui les concernent en matière de santé » sont les suivantes :
- Être informé sur les parcours de soins dans les territoires
- Identifier les points de rupture dans les parcours de soins des usagers pour mieux les accompagner
- Informer les membres des associations adhérentes à France Assos Santé Grand Est à propos du dispositif « Mon Espace Santé »
Vous êtes membres d'une association adhérente à France Assos Santé Grand Est ou adhérente au niveau national à France Assos Santé, et vous souhaitez vous investir dans l'un des 3 groupes de travail :
- Réduire les inégalités sociales et territoriales en matière de santé
- Accompagner les citoyens dans la complexité du système de santé pour qu'ils puissent s'y repérer et prendre, individuellement et collectivement, part aux décisions qui les concernent en matière de santé
- Favoriser l'accès aux soins de qualité.
Contacter par mail M. Benoit FAVERGE, chargé de mission, pour faire votre demande : bfaverge@france-assos-sante.org
Elections législatives : France Assos Santé demande aux partis de prendre des engagements pour garantir un accès aux soins universel et solidaire
À la veille des élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochains, France Assos Santé appelle, dans une lettre ouverte, les principaux responsables de partis à faire de la santé une priorité absolue, conformément au vœu des Françaises et des Français, et à remettre de la solidarité dans un système de santé qui ne cesse de creuser les inégalités.
Mesdames, Messieurs,
Les 30 juin et 7 juillet prochains, les Françaises et les Français retourneront aux urnes pour élire leurs députés et décider de la composition de la future Assemblée nationale.
La fin de la précédente législature a de facto tiré un trait sur nombre de projets de loi en discussion et de réformes prévues dans le domaine de la santé. Pour autant, les préoccupations demeurent, tout comme les aspirations sociétales, ainsi qu’en ont fait la démonstration les deux semaines d’examen du projet de loi relatif à l’accompagnement des personnes malades et de la fin de vie.
La santé est une des préoccupations majeures de nos concitoyens, en deuxième position derrière le pouvoir d’achat. Sa place est centrale.
Au cours des dernières décennies, notre système de santé a révélé des dysfonctionnements qui ont fragilisé sa pérennité et son efficacité, tant pour ses usagers que pour ses soignants.
L’accès pour toutes et tous à des soins de proximité et mieux adaptés aux réalités et aux besoins est une priorité absolue. Le niveau de revenus, le lieu de résidence, l’état de santé physique et mentale, la situation administrative, le niveau d’équipement numérique… ne doivent plus être un frein à l’accès aux soins ou sources de discriminations.
C’est pourquoi France Assos Santé, forte de ses 93 associations de patients, de personnes âgées ou en situation de handicap, et plus largement d’usagers, demande à chaque parti et chaque candidat de prendre des engagements pour répondre aux quatre enjeux suivants :
Lutter contre les déserts médicaux : il faut agir sur tous les registres de politique publique pour faire face à la chute alarmante de la démographie médicale. Les solutions sont connues de tous : régulation de l’installation, développement massif du travail en équipe et du rôle des professions paramédicales dans l’offre de soins. Sans décision courageuse, nous allons droit dans le mur !
Endiguer la hausse des restes à charge : entre l’explosion des dépassements d’honoraires et celle des cotisations des complémentaires santé, la hausse des franchises et des participations, la baisse du remboursement des soins dentaires et des transports sanitaires, et la menace d’une remise en cause de la prise en charge des personnes en affection de longue durée, il est urgent de sortir de cet engrenage qui creuse toujours davantage les inégalités d’accès aux soins, en particulier en ce qui concerne les populations les plus fragiles.
Construire enfin une politique de prévention efficace : en dix ans, le nombre de patients atteints de maladies chroniques a doublé. Or, la plupart de ces maladies peuvent être évitées. Construire une politique de prévention volontariste pour réduire à terme le nombre de malades, c’est réduire d’autant le besoin de soins à financer.
Prévenir les pénuries de médicaments : 44 % des personnes vivant sur le territoire ont déjà fait face à une pénurie de médicaments. Des mesures législatives s’imposent, comme celle d’instaurer un stock de sécurité de 4 mois minimum.
Rappelons que, dans le cadre de l’élection présidentielle de 2022, France Assos Santé et ses associations membres avaient élaboré une plateforme de 20 propositions, articulées autour des trois valeurs de notre République : Liberté en santé, Egalité en santé, Fraternité en santé. Ces propositions restent d’actualité. Prenez-en connaissance et saisissez-vous-en !
Mesdames et Messieurs, les Françaises et les Français attendent de vous que vous répondiez à leurs attentes. Le système de santé est entre vos mains.
Gérard Raymond
Président de France Assos Santé
[REPLAY] Webinaire "Tout savoir sur le Sport-Santé" - JEDS 2024
Du 18 avril au 18 mai, ont été organisés des événements dans le cadre de la Journée européenne de vos droits en santé. Année olympique oblige, plusieurs actions ont repris le thème du « sport – santé ». Aussi, pour clôturer l’édition 2024 de cette Journée européenne, un webinaire : « Tout savoir sur le sport adapté » a été organisé par 4 délégations régionales : Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Grand-Est et Haut-de-France. Vous pouvez dès à présent voir ou revoir ce webinaire qui a regroupé un plateau inter-régional le mercredi 29 mai dernier.
Activité physique adaptée, sport sur ordonnance, sport santé, handisport… Ce webinaire a été l’occasion de revenir sur chacun de ces termes et d’aller plus loin sur le sport sur ordonnance : ses bienfaits, son coût, les structures qui la portent…
Pour évoquer ses différents sujets, nous avons eu le plaisir d’accueillir autour du micro un Professeur d’EPS en Établissements sanitaires et médico-sociaux de la Faculté de Lyon, l’association DK Pulse qui propose de l’activité physique adaptée sur les Haut-de-France, un usager qui la pratique, l’ARS Bretagne pour témoigner de sa politique régionale autour du sport et du bien-être et Féreuze Aziza, Chargée de mission France Assos Santé pour revenir sur le plaidoyer porté par l’association sur le sujet.
En plus du replay, vous pouvez retrouver ci-dessous les présentations des intervenants :
- celle de M. Frédéric DELORME, Professeur à la faculté de Lyon
Télécharger le diaporama
- celle d’Anthony LE BOT, directeur adjoint de la Prévention et Promotion de la santé à l’ARS Bretagne
Télécharger le diaporama
Dans le cadre de ce webinaire, nous vous avons également confectionner un flyer dans lequel vous retrouverez la définition de l’activité physique adaptée, comment y accéder, à quel coût, et où trouver des structures ou professionnels qui la dispense.
Pour aller plus loin, voici quelques liens utiles :
- Les Réseaux de Prévention et de Prise en charge de l'Obésité Pédiatrique (RéPPOP) : http://www.cnreppop.com/
- Le site de la Délégation Régionale Académique à la Jeunesse, à l'Engagement et aux Sports (DRAJES) du Grand Est : https://www.ac-nancy-metz.fr/jeunesse-engagement-et-sports-123347
- Le site du dispositif régional de prescription d’activité physique, Prescri'Mouv : https://www.prescrimouv-grandest.fr/
Rapport d'activité 2023
Nous avons le plaisir de vous présenter notre rapport d’activité 2023, validé lors de notre Assemblée Régionale du 10 avril 2024 : cliquez ici pour le télécharger

Retrouvez également nos anciens rapports d’activité:
[Replay] Webinaire Inter-Régional "Entrepôts de Données de Santé"
Vos dossiers médicaux œuvrent pour la recherche, le saviez-vous ?
Nous entendons souvent dire que "les données sont le nouvel or noir", mais cette affirmation reste bien obscure quand on parle de nos données de santé. Pourtant, de nombreux établissements de santé se sont saisis du sujet. C'est ainsi que sont nés les "entrepôts de données de santé". Ces structures servent à rassembler des données de santé, initialement générées par et pour le soin, qui peuvent être réutilisées par la suite. Cette réutilisation sert la recherche ou encore le pilotage des établissements, et ces entrepôts de données procurent un cadre technique, juridique et éthique approprié pour cela.
Quelle place pour les usagers ?
L'implication de représentants des usagers est primordiale, pour une information et un exercice des droits facilité concernant l'usage de ces données. Mais aussi pour participer à la gouvernance de ces structures, à l'échelle des établissements ou à travers des plateformes inter-régionales dédiées. C'est le cas avec la plateforme "PAISaGE" qui rassemble des établissements des régions Grand-Est et Bourgogne Franche-Comté.
Les délégations Bourgogne Franche-Comté et Grand-Est de France Assos Santé ont ainsi proposé un temps d’information et d’échange dédié, lundi 11 mars en visioconférence. Arthur DAUPHIN, chargé de mission numérique en santé à France Assos Santé, a animé ce webinaire pour donner aux acteurs associatifs du réseau, et en particulier aux RU, des clés de compréhension sur ces nouvelles structures et les nouvelles missions associées (cf. Fiche Mission "représenter les usagers en entrepôt de données de santé").
Nous vous proposons de revivre ce moment à travers le replay ci-dessous.
Retour sur la commission du réseau : loi immigration et contexte politique visant à revenir sur les droits en santé des personnes étrangères
Cette commission du réseau a été programmée dans le contexte des discussions autour du projet de loi dite « asile et immigration », en cours au mois de décembre 2023. A ce stade, le texte prévoyait, dans sa version adoptée en Commission mixte paritaire, reprenant des propositions et ajouts du Sénat, un durcissement des conditions d’accès au regroupement familial, à certaines prestations sociales, au droit au séjour pour soins, etc.
France Assos Santé Grand Est s’est alors mobilisée afin de permettre aux acteurs associatifs du réseau d’être correctement informés sur les conséquences, directes et indirectes, désastreuses sur l’état de santé des personnes concernées mais aussi sur la santé publique.
Après la saisine du conseil constitutionnel par le Président ainsi que des députés et sénateurs, le texte de loi est révisé. La loi promulguée le 26 janvier 2024, est amputée de la quasi-totalité des articles et dispositions ajoutés par les sénateurs. La plupart des dispositions ont été censurées, car considérées comme cavaliers législatifs, c’est-à-dire sans aucun lien avec le projet de loi initialement déposé. Ce qui signifie donc qu’elles pourraient réapparaître dans des décrets ou projets de loi dédiés.
La loi entrée en vigueur en janvier 2024 est proche de la proposition initiale du gouvernement, rendue publique en février 2023. Rappelons que le texte avait à ce moment-là, suscité une vive inquiétude, chez les associations et juristes spécialisés en droits des étrangers, quant à ses répercussions, concernant notamment les conditions d’entrée, de séjours, d’asile et de sortie du territoire des ressortissants étrangers
Dans ce contexte il nous semble nécessaire de rester informés et vigilants.
Pour ce faire nous avons invité Mme Marie PRIQUELER (Directrice Migrations Santé Alsace) et Mme Juliette BABIN, (Chargée de mission Migrations Santé Alsace) pour une bonne information sur les différents statuts des personnes étrangères en France, leurs droits en santé et les conséquences des politiques menées actuellement.
De qui parlons-nous ?
L’exposé de Migrations Santé Alsace a débuté par une clarification des termes. En effet, de nombreux termes sont utilisés dans les médias, le langage courant et les discours politiques mais quels statuts et quelles réalités se cachent derrière ? Cette clarification des termes est indispensable à une meilleure lecture des droits en santé.
Dans le tableau ci-dessous vous retrouverez l’ensemble des définitions avec des termes qui ont effectivement une valeur administrative et qui ouvrent des droits spécifiques (en vert dans le tableau) et d’autres termes qui n’ont qu’une valeur descriptive (en bleu dans le tableau).
Une fois les termes précisés, nous nous sommes penchés sur le profil des personnes migrantes en situation régulière ayant obtenu en 2022, un droit d’admission au séjour en France.
Les motifs sont les suivants, du plus répandu au moins répandu : les études (32%) le motif familial (30%), le motif économique (16 %) puis le motif humanitaire (13%). (1)
Les migrants pour motif économique sont en 2022, 69% à obtenir une admission au séjour par ce qu’ils ont une activité salariée sur le territoire, 19 % parce qu’ils exercent une activité saisonnière ou temporaire, 9% sont des scientifiques et 3% des actifs non-salariés (entrepreneurs par exemple).
Parmi les migrants ayant été régularisés pour motif humanitaire, 65% sont réfugiés (persécutés dans leur pays sans protection possible) ou apatrides (aucun pays n’accorde sa nationalité) et 26% bénéficient de la protection subsidiaire. Les étrangers malades ayant obtenu une admission au séjour pour ce motif représentent 8% des migrants pour raison humanitaire (soit 3 280 personnes). Il est à préciser que ce statut est réservé aux migrants qui nécessitent une prise en charge médicale qui n’est pas possible dans le pays d’origine et dont le défaut pourrait entraîner des conséquences irrémédiables.
A chaque statut des droits particuliers, quels sont-ils ?
Les étranger-ère-s bénéficiant d’un titre de séjour régulier ont des droits ouverts à l’assurance maladie, et, peuvent selon leur situation financière, soit cotiser auprès d’une couverture complémentaire (Mutuelle, Prévoyance, Assurance), soit être affiliés à la Complémentaire Santé Solidaire (C2S), avec ou sans participation financière (selon condition de ressources).
Les étranger-ère-s avec un titre de séjour régulier en situation de précarité et les demandeur-euse-s d’asile (qui ont une période de carence de 3 mois), ont droit à l’assurance maladie grâce au dispositif de la PUMA et peuvent en complément, relever de la Complémentaire Santé Solidaire (C2S) avec ou sans participation financière (selon condition de ressources).
Pour les Etranger-ère-s sans titre de séjour régulier et leurs ayant droits présents depuis plus de trois mois sur le territoire, ils pourront avoir des droits ouverts à l’Aide Médicale d’Etat (AME). S’ils n’ont pas de droits ouverts à l’AME, ils peuvent être soignés auprès des permanences d’accès aux soins de santé (PASS), par le Dispositif de Soins Urgents et Vitaux (DSUV) ou encore auprès de certaines associations.
L’AME de quoi parle-t-on ? Définir et déconstruire les idées reçues
L’aide médicale d’état (AME) est un dispositif d’accès aux soins pour les immigrés en situation irrégulière et leurs ayants droits, présents depuis plus de 3 mois sur le territoire français et ayant des ressources inférieures à 809,90€/mois.
Ce dispositif ouvre droit à un panier de soins au même titre que l’assurance maladie, à l’exception de quelques restrictions. Sont notamment exclus de la prise en charge les cures thermales, la procréation médicalement assistée (PMA), les princeps (si générique existant) et les médicaments remboursés à 15%.
L’AME reste un dispositif précaire, transitoire, valable un an et éventuellement renouvelable, n’ayant donc rien à voir avec la prise en charge de droit commun de la Sécurité Sociale.
Recours et non-recours à l’AME
En 2019, 51% seulement des personnes pouvant prétendre à l’AME ont effectivement des droits ouverts, ce qui est dommageable car cela représente 300 000 à 400 000 personnes sans couverture maladie sur le territoire français (2).
Cela représente un enjeu fort de santé publique !
Pour les personnes elles même , tout d’abord, qui pourraient bénéficier d’un accès aux soins mais aussi pour le système sanitaire en général qui se retrouve engorgé par des situations d’urgences qui auraient pu être évitées par une prise en charge des problématiques de santé dans les temps, par de la prévention, etc.. Une prise en soins correcte de l’ensemble de la population permet également d’endiguer les épidémies pour l’ensemble de la population.
Il est important à noter que 25 % des bénéficiaires de l’AME sont des mineurs de nationalité étrangère, c’est-à-dire des personnes qui ne sont pas juridiquement des étranger-ères en situation irrégulière.
Pourquoi l’AME est remise en cause ?
Deux des arguments des détracteurs de l’AME sont son coût et le risque de fraude. Pourtant en 2022 L’AME représente 0,5% des dépenses de la sécurité sociale, soit 1.186 Milliard d’euros. Au sujet des fraudes, en 2018 (dernières données accessibles), 38 cas de fraudes à l’AME étaient détectés, en sachant que c’est la couverture sociale qui subit le plus de contrôle.
En parallèle, nous pouvons regarder le montant total des fraudes à l’assurance maladie.
En octobre 2022 (étude réalisée par le Monde), cela représentait 1 Milliard et dans les deux tiers des cas les soignant-e-s sont à l’origine des versements indus (3).
Les bénéficiaires de l’AME victimes de refus de soins
Selon une étude de l’Institut des Politiques Publiques conduite avec le soutien du Défenseur Des Droits, du ministère de la Santé et de la prévention et de la DREES en 2023 (4) :
Les patient-e-s bénéficiaires de l’AME ont :
- Entre 14 et 36% de chance en moins d’obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste,
- Entre 19 et 37% chez un ophtalmologue,
- Entre 5 et 27% chez un pédiatre.
Ces pratiques sont illégales et caractérisées de refus de soins discriminatoires (5).
L’Aide Médicale d’Etat (AME) remis en question
Lors de l’examen en séance publique du projet de loi « contrôler l’immigration et améliorer l’intégration », le Sénat avait introduit une disposition visant à transformer l’AME (Aide Médicale d’Etat) en AMU (Aide Médicale d’urgence).
Néanmoins cette disposition ne se retrouve pas dans le texte final étudié en commission mixte paritaire, ayant été retirée par le gouvernement en amont de l’étude du texte, au prétexte qu’il pourrait s’agir d’un cavalier législatif et en appui sur le rapport rendu par Claude EVIN et Patrick STEFANINI (6).
S’agissant d’une condition expressément posée par Les Républicains pour aboutir à un accord lors de cette commission, le gouvernement, en la personne d’Elisabeth BORNE, prend l’engagement d’une réforme de l’AME en début d’année 2024, dans un courrier officiel rendu publique au Président du Sénat, en date du 18 décembre 2023.
Aujourd’hui cela reste en suspens, dans l’attente d’une réforme annoncée par le 1er ministre, « avant l’été » 2024, par voie réglementaire
Aussi il convient d’être informés et vigilants pour pouvoir être réactifs.
La réforme de l’AME telle que projetée par les Sénateurs comprenait les éléments suivants :
Un panier de soins drastiquement réduit et redéfini comme suit :
- La prophylaxie et le traitement des maladies graves et les soins urgents et vitaux ;
- Les soins liés à la grossesse et ses suites ;
- Les vaccinations réglementaires ;
- Les examens de médecines préventives.
Des conditions d’accès similaires à celle de l’AME (7), auxquelles s’ajoutent l’instauration d’un droit de timbre.
Il s’agirait donc de soumettre à la complexité administrative d’accès qui est celle de l’AME, pour laquelle rappelons-le, le taux de non-recours est de 49%, des soins correspondant sensiblement à ceux pris en charge actuellement dans le DSUV (dispositif de soins urgents et vitaux).
Le risque de renoncement aux soins inhérent à cette réforme aurait pour triple conséquence une dégradation de l’état de santé des personnes concernées, des conséquences possibles sur la santé publique et une pression accrue sur des établissements hospitaliers déjà en tension.
➢ Support projeté par MSA le 21 février 2024
- Données provisoires du ministère de l’intérieur 2022
- Etude publiée par l’IRDES Le recours à l'Aide médicale de l'État des personnes en situation irrégulière en France. Novembre 2019
- Sources
- Testing téléphonique auprès de 3000 médecins de ville exerçant en médecine générale, pédiatrie et ophtalmologie
- Article R1110-8 du code de la Santé Publique
- Rapport Evin Stefanini sur l’AME. Décembre 2023
- Séjour irrégulier sur le territoire depuis plus de trois mois et ressources ne dépassant pas le plafond fixé pour le bénéficiaire de la C2S.
Retour sur l'action menée par l’association France Rein Lorraine et l’ALTIR auprès des publics allophones
Dans le cadre de notre nouveau plan stratégique, veillant à mieux faire connaitre les associations du réseau, nous invitons lors de chacune de nos commissions du réseau une association adhérente qui mène une action en lien avec la thématique. Lors de notre commission du réseau sur la loi immigration, c’est Pascal FEVOTTE, président de France Rein Lorraine, qui était invité.
France Rein Lorraine, dont vous pourrez très prochainement retrouver le portrait en vidéo sur notre site internet, œuvre par ses actions à améliorer la qualité de vie des personnes concernées par une maladie rénale. Dans le cadre de leur participation à la Commission Des Usagers de l’ALTIR (Association Lorraine Traitement Insuffisance Rénale), les représentants des Usagers de France Rein ont pu s’emparer de la problématique des personnes insuffisantes rénales allophones et la travailler dans le projet des usagers de l’établissement.
Retour sur les constats faits par l’association
En Lorraine, 10% des patients des Unités de Dialyses Médicalisées (UDM) sont non francophones, phénomène qui risque de s’amplifier. Les outils déjà existants sont inadaptés (mini livret d’accueil en Anglais et allemand), de plus un travail consistant à traduire les supports d’information en 14 langues est impossible. Une autre ressource pourrait être un répertoire des langues parlées par le personnel, s’il existe, son actualisation n’est souvent pas suivie et il s’agit généralement de 3 langues seulement (anglais, allemand et italien) qui ne correspondent malheureusement pas aux besoins identifiés.
S’agissant de soins les messages nécessaires à faire passer sont aussi complexes qu’importants. D’ailleurs cette barrière de la langue génère des retards de prise en charge et une mise en danger de la personne. Le seul langage universel envisageable reste l’image.
Réalisation d’une enquête auprès des patients afin de connaitre leurs difficultés et leurs besoins, qui n’auraient pas encore été identifiés
Afin de travailler à des solutions adaptées aux besoins spécifiques de ces patients, une enquête a été menée par entretien semi-directifs auprès de 9 patients non francophones qui avaient entre 28 et 75 ans, de 6 nationalités différentes. Les échangent ont pu avoir lieu grâce à l’utilisation d’une application de traduction instantanée ou la présence d’un proche interprète.
Si tous se disent satisfaits des soins, 3 préoccupations principales émergent : la prise en charge sociale, l’apprentissage du français et le besoin d’interprète. Ce que note l’association c’est tout d’abord que ces besoins sont aux antipodes des préoccupations des soignants et qu’une importance notable du volet social dans la vie de ce public est exprimée.
Un plan d’action en trois étapes afin de garantir une prise en charge sécurisée auprès des patients non francophones
1. Des tutoriels
Tout d’abord il est indispensable d’assurer l’accès aux informations essentielles de sécurité des soins. Pour ce faire France Rein Lorraine en partenariat avec l’ALTIR réalisent des tutoriels sans paroles ciblant les messages primordiaux de prévention des risques dans la prise en charge d’un patient dyalisé.
Ci-après vous pouvez retrouver les tutoriels :
2. Les outils de communication instantanée
Tout d’abord, le groupe projet teste plusieurs applications de traduction, avant de retenir Google translate qui répond le mieux aux besoins et qui peut être utilisé sur les ordinateurs portables des centres.
Ensuite ces acteurs se penchent sur les outils existants traduits et pouvant être mis à dispositions des usagers comme des professionnels. Les livrets réalisés par le laboratoire AMGEN ainsi que le livret santé de l’INPES sont ensuite mis à disposition dans chacune des unités de dialyse médicalisés et disponible sur l’intranet de l’ALTIR.
Enfin l’équipe réalise une carte personnelle, que le patient pourra garder sur lui en permanence. Cette carte vise à sécuriser toute situation d’urgence liée à la pathologie de la personne, en reprenant les numéros d’urgence et en faisant le lien avec l’établissement qui connait et soigne le patient.
3. Identifier précocement les patients en situation sociale précaire
Actuellement le plan d’action est à l’étape de définition d’un processus d’accueil des patients non francophones. En effet, à l’arrivée, il est impératif de refaire et retranscrire le plus tôt possible le parcours antérieur du patient. Ainsi, identifier les défauts de prise en soins, comprendre la situation sociale et ainsi définir ses besoins et ses droits en la matière.
Les orientations seraient de prévenir impérativement l’assistante sociale de l’arrivée de tout nouveau patient, élaborer et mettre en place un projet personnalisé d’accueil et transmettre l’ensemble des informations importantes traduites.
Communication sur les actions
Une communication sur ces dispositions a été menée aussi bien auprès des professionnels via des réunions d’informations, des articles sur l’intranet que des patients via le site internet de l’ALTIR ainsi que via l’article dédié aux informations de la CDU dans les établissements. Pascal FEVOTTE pointe l’importance de renouveler ces actions d’information en raison des professionnels qui changent et de d’organiser l’actualisation des supports au long-court.
France Rein Lorraine
Allée du Morvan
CHU Brabois - Locaux ALTIR
54500 VANDOEUVRE-LES-NANCY
lorraine@francerein.org
06 85 20 94 03
www.francerein.org/associations/lorraine/
Notre avis sur le Projet Régional de Santé 2023-2028
Considérant que France Assos Santé s’est vue confier par la loi la mission de rendre des avis et propositions aux pouvoirs publics sur le fonctionnement du système de santé; nous publions aujourd'hui un avis sur la démarche de révision du Projet Régional de Santé (PRS) 2018-2028 et sur les suites à donner.
Durant plusieurs mois, sur sollicitation de l’Agence Régionale de Santé (ARS), nous avons contribué activement à la révision du PRS.
France Assos Santé Grand Est, l’organe de référence pour représenter les droits et les intérêts des usagers du système de santé, a livré dans le cadre de la consultation, le fruit de cinq années de travail avec son réseau de plus de 70 associations adhérentes agréées santé.
- Retrouvez l'intégralité de notre avis sur le nouveau Projet Régional de Santé 2023-2028 ici
- Retrouver le nouveau Projet Régional de Santé 2023-2028 ici
- Retrouver le Schéma Régional de Santé du PRS 2023-2028 en Facile à Lire et à Comprendre ici
Contact : Esther Munerelle - Coordinatrice France Assos Santé Grand Est
Coordonnées : emunerelle@france-assos-sante.org - 06 25 47 32 05













