Action : Groupe de paroles "USAGERS ET COVID"
La région Grand-Est a été la première touchée et une des régions les plus impactées par la 1ère vague de la Covid-19. Ce qui n’est pas sans laisser de traces.
Dans les médias, nous avons principalement entendu s’exprimer les personnalités politiques et médicales avec des informations massives et discordantes. L’usager du système de santé quant à lui a été très absent des prises de paroles médiatisées depuis l’arrivée de l’épidémie de la Covid-19 en France. Pourtant face à une crise sanitaire de cette ampleur et aussi inédite, les observations, difficultés, peurs, dysfonctionnements, besoins et attentes des usagers auraient dû être prise en compte pour alimenter les réflexions et mesures prises par les décideurs. En dehors de la prise en charge des cas graves de la maladie (hospitalisation), les institutions, comme les professionnels de santé, sont aujourd’hui dans l’incapacité de répondre aux craintes des usagers face au virus et de les accompagner en conséquence.
France Assos Santé Grand-Est a été destinataire de nombreux témoignages de personnes en souffrance dont voici quelques exemples :
- Personnes non dépistées avec des signes insuffisamment significatifs pour pouvoir bénéficier d’un dépistage Covid-19 (plutôt pré-déconfinement)
- Personnes dépistées positives avec des tests sérologiques mais sans savoir à quel stade elles en sont, ni si elles sont encore contagieuses ou non
- Personne dépistées qui doivent gérer la culpabilisation et la stigmatisation de cette pathologie : « je l’ai contracté », « j’ai contaminé d’autres personnes » …
- Personnes qui redoutent la réapparition de symptômes sévères sans moyens d’y pallier
- Personnes en détresses psychologiques suite à un décès d’un proche lié à la Covid-19 ou non, lors de la période de confinement. Pas d’au revoir, impossibilité d’appliquer les rituels habituels participant au travail d’acceptation et de deuil.
France Assos Santé Grand-Est considère qu’en l’absence d’associations de patients dédiées, il est de son ressort de créer une dynamique d’accompagnement vers la résilience pour ces personnes. Cet accompagnement nous permettra également d’organiser le recueil de la parole de l’usager dans l’objectif d’en faire une synthèse à des fins de plaidoyer.
Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de mettre en place des groupes de paroles à destination de ces usagers-citoyens qui ressentiraient le besoin d’échanger entre pairs sur ce qu’ils ont vécu et sur ce qu’ils vivent encore.
7 acteurs associatifs issus de notre réseau d’associations adhérentes rentrent dans l’aventure pour devenir les animateurs de groupes de paroles que nous allons déployer sur l’ensemble de la région en présentiel comme en visioconférence.
Leur formation est prévue dès que possible. Et des groupes de paroles seront proposés dès que les animateurs seront formés.
Ces groupes de paroles seront ouverts à toute personne ayant contracté la Covid-19, n’hésitez pas à en parler autour de vous si vous en connaissez.
Les proches aidants : une aide (aussi) pour les professionnels ?
Dans le cadre de la journée nationale des aidants, France Assos Santé Grand-Est et le site d'appui lorrain de l’Espace de Réflexion Ethique Grand-Est ont organisé conjointement à Nancy, le 5 octobre, une table ronde pour échanger et débattre de la place et de la reconnaissance des aidants.
Retrouvez les présentations des intervenants :
- Dr Frédérique CLAUDOT, Maitre de Conférence des Universités-Praticien Hospitalier en Droit public à l'Université de Lorraine: cliquez ici pour découvrir son diaporama
- Dr Sylvie Rossignon, Médecin généraliste
- M. Fabrice PIERRAT, responsable de l'accompagnement médico-social des PA/PH au Conseil départemental 54: cliquez ici pour découvrir le référentiel APA présenté lors de la soirée
- Dr Lionel NACE, chef des urgences au CHRU de Nancy: cliquez ici pour découvrir son diaporama
- Mme Marie-Claude Garbani, aidante et représentante de France Assos Santé Grand-Est
Pour aller plus loin, retrouvez les liens utiles évoqués lors la soirée :
- Association Française des Aidants : www.aidants.fr
- Collectif Je t'aide, organisme qui organise la journée nationale des aidants : associationjetaide.org
- La plaquette d'information "Les aidant·e·s : un atout pour les soignant·e·s !" créée par le groupe de travail de France Assos Santé Grand-Est : télécharger la plaquette
- Le baromètre des aidants de la fondation APRIL : https://www.fondation-april.org/comprendre/barometre-et-etudes-aidants
- Le service public, pour tous renseignements sur nos droits : www.service-public.fr
A l'issue de la soirée, nous avons proposé aux participants de répondre à un questionnaire d'évaluation en ligne.
Retrouvez les résultats ici : télécharger la synthèse d'évaluation
Commission de réseau : "Les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé : Késako? Quelle place pour les associations de patients? "
Ce vendredi 9 octobre à Strasbourg notre Commission de Réseau était consacrée aux Communautés Professionnelles Territoriales de Santé.
Dans un premier temps, nous avons accueilli le Docteur Alain Prochasson, Président de la CPTS de Metz, pour présenter au réseau d'associations agréées santé du Grand Est un exemple concret de CPTS en fonctionnement qui intègre les usagers.
Dans un second temps, nous avons présenté l'enquête menée au sein du réseau sur le niveau de connaissance des CPTS par les associations agréées, leur implication et/ou leur souhait d'implication dans les CPTS du Grand Est
Enfin nous avons échangé sur la plus-value et les différentes manières pour les associations agrées d'être actrices dans ces CPTS
Pour aller plus loin :
Fiche Santé Info Droits : les Communautés Professionnelles de Santé
Rapport d'activité 2019 de France Assos Santé Grand-Est
Nous avons le plaisir de vous présenter le rapport d'activité 2019 de notre association: cliquez ici pour le télécharger
Communiqué de presse CNAM - Covid-19 et parcours de soins : création d'un numéro dédié pour orienter les patients Covid vers des médecins disponibles et des lieux de tests
Communiqué de presse du 2 juin 2020
Dans le cadre de la stratégie de déconfinement et de lutte contre la propagation de l'épidémie de Covid-19, il est indispensable que tout patient, qui pense avoir un symptôme évocateur de la maladie et ne présente pas de signe de gravité, puisse consulter dans les meilleurs délais un médecin, en téléconsultation ou en cabinet.
C’est ainsi qu’il pourra être pris en charge : test virologique, isolement, mesures barrières, suivi médical dans la durée… Cette première consultation permet aussi d’identifier très tôt les personnes avec lesquelles le patient a été en contact rapproché, et ainsi, de briser les chaînes de contamination.
L’accès sans délai à une consultation médicale peut cependant constituer une difficulté pour certains patients : soit qu’on ne dispose pas d’un médecin traitant ce qui est le cas de 10 % des assurés sociaux, soit que son médecin traitant ne soit pas disponible rapidement, ou enfin qu’on soit éloigné de son lieu de résidence habituel.
C’est pourquoi l’Assurance Maladie a mis en place dès le début de l’épidémie un dispositif destiné à aider les patients susceptibles d’avoir le Covid 19 à trouver un médecin quand ils ne pouvaient accéder normalement à leur médecin traitant. Ce dispositif, sollicité uniquement à l’initiative des Samu, en charge de la régulation médicale des situations urgentes, n’était jusqu’alors pas accessible directement pour les assurés.
A la faveur de l’évolution de l’épidémie, et afin de ne plus faire peser, sur les Samu, ces sollicitations limitées à la recherche d’une consultation de ville, ce numéro devient dorénavant directement accessible au public, à compter de ce mardi 2 juin.
Le numéro d’appel 09 72 72 99 09 est ouvert 7j/7 de 8h à 19h (service gratuit + prix de l’appel).
- Ce numéro est réservé aux seuls patients susceptibles d’être atteints du Covid 19 et ne présentant pas de signe de gravité.
- Il permettra de donner aux patients concernés une liste de plusieurs médecins généralistes disponibles, et qui ont préalablement indiqué à l’Assurance Maladie leur accord pour recevoir des patients potentiellement atteints du Covid 19 n’appartenant pas à leur patientèle habituelle.
- Les téléconseillers de l’Assurance Maladie pourront également orienter ces patients pour qu’ils bénéficient d’un test de type virologique, accessible sur prescription, en leur indiquant les sites de prélèvement les plus proches de chez eux.
- Ce numéro n’a évidemment pas vocation à se substituer aux dispositifs de régulation médicale existants, et notamment le 15, qui ont vocation à prendre en charge les demandes médicales urgentes.
- Ce dispositif n’a pas vocation à perdurer au-delà de la période de l’épidémie.
Les symptômes du Covid-19
Le Covid-19 peut se manifester par :
- la fièvre ou la sensation de fièvre (frissons, chaud-froid) ;
- la toux ;
- des maux de tête, courbatures, une fatigue inhabituelle ;
- une perte brutale de l’odorat (sans obstruction nasale), une disparition totale du goût ou une diarrhée ;
- dans les formes plus graves : difficultés respiratoires pouvant mener jusqu’à une hospitalisation. Il convient alors de contacter le Samu (15)
Pour en savoir plus consultez la rubrique Covid-19 sur ameli.fr en cliquant ici
Reprise des interventions chirurgicales dans les cliniques : une urgence absolue ! - Les médecins libéraux du Grand-Est tirent la sonnette d'alarme
Communiqué de presse du 25 mai 2020
Les médecins libéraux du Grand Est tirent la sonnette d’alarme. Ils sont aujourd’hui face au manque de produits anesthésiques et en raison du risque de perte de chance pour leurs patients ils s’opposent dès à présent à toute forme de régulation imposée.
Les établissements de santé publics et privés se sont très fortement mobilisés ces derniers mois pour faire face à l’épidémie de covid-19, et tout particulièrement dans le Grand Est. Aujourd’hui, alors que les cliniques ont à nouveau la capacité d’effectuer des actes chirurgicaux, l’Union Régionale des Professionnels de Santé Médecins Libéraux du Grand Est :
- craint que l’Agence Régionale de Santé n’instaure une instance de régulation avec pour conséquence potentielle la limitation des actes dans les cliniques
- demande la totale transparence et une véritable équité dans la répartition des produits anesthésiques entre établissements privés et publics
Et ceci dans l’intérêt des patients, pour ne pas allonger les délais d’attente et en définitive leur causer une perte de chance.
Concernant l’instauration d’une « instance de régulation » :
En réponse à l’argument invoqué par l’ARS qu’il faut conserver la possibilité de réouverture rapide de lits de réanimation en cas de survenue d’une deuxième vague épidémique, l’URPS-ML rappelle :
- que la totalité des cliniques du Grand-Est ont stoppé toutes affaires cessantes leurs activités chirurgicales le 16 mars et pourront faire de même en cas de nécessité
- qu’ils privilégieront les actes chirurgicaux en ambulatoire ; ces derniers ne sollicitant que sur une très courte durée les ressources de réanimation.
- que si on prend prétexte de l’éventualité d’une deuxième vague on retardera toujours d’avantage la prise en charge de patients dont la pathologie s’est déjà très sensiblement aggravée dans l’intervalle et dont parfois même le pronostic vital est parfois engagé
Le docteur Guilaine Kieffer-Desgrippes, présidente de l’Union régionale des Professionnels de santé – Médecins libéraux (URPS-ML) du Grand Est tient à préciser « que les chirurgiens sont des professionnels de santé responsables, respectueux de la déontologie médicale et qu’ils leur appartient, et à eux seuls, de juger de la priorité qu’il convient d’accorder à telle ou telle intervention dans l’intérêt du patient ».
A titre d’exemple :
« On n’avait pas vu ça depuis des dizaines d’années. »
« Le report des opérations depuis 10 semaines met, en effet, les chirurgiens face à des complications médicales qu’ils n’avaient plus rencontrées depuis longtemps. Le cas des thromboses non opérées est un bon exemple : certains patients risquent aujourd’hui l’amputation, d’autres souffrent de phlébites qui peuvent causer des embolies pulmonaires. » explique Dr Vincent Mauvady, chirurgien vasculaire à Nancy.
« On n’avait pas vu ça depuis des dizaines d’années. À trop attendre, on risque de se retrouver avec des problèmes qui risquent d’être encore plus compliqués à gérer, et dans le cas d’une deuxième vague épidémique, nous ne sommes pas à l’abri que la liste d’attente se rallonge et soit quasiment impossible à résorber », s’inquiète le Dr Llagonne.
Concernant la gestion des stocks de médicaments anesthésiques :
« Les cliniques risquent de se retrouver en pénurie de médicaments anesthésiques. »
La DG ARS invoque la pénurie mondiale de 5 molécules nécessaires à l’anesthésie (2 hypnotiques et 3 curares) pour justifier la répartition de ces produits par une « cellule nationale », elle-même ne faisant que remonter les besoins de la région.
Elle précise par ailleurs que les produits sont attribués aux établissements en fonction du nombre de lits de réanimation mais qu’elle n’a pas la connaissance précise des quantités effectivement délivrées aux établissements, qu’ils soient publics ou privés.
A ces arguments l’URPS-ML objecte ceci:
- l’exigence impérative de transparence est la seule garante de l’équité
- un certain nombre de cliniques ne disposent pas de services de réanimation en tant que tel mais pratiquent également des actes chirurgicaux qui nécessitent des produits anesthésiques
A titre d’exemple. Le Dr Anne Bellut, dermatologue et vénérologue, vice-présidente de l’URPS-ML, s’interroge sur le principe même de gestion de ces stocks et pointe « le risque que des cliniques de se retrouvent en pénurie de médicaments anesthésiques pourtant essentiels à la réalisation de certains actes, comme les endoscopies qui permettent de détecter d’éventuelles obstructions, lésions ou tumeur cancéreuses. »
Il ne faudrait pas prendre le prétexte d’une prétendue équité, tant pour la répartition des produits anesthésiques, que pour la régulation de la reprise des activités chirurgicales, pour cacher la crainte d’une reprise des actes de chirurgie dans les cliniques alors même que les hôpitaux publics ne sont pas en capacité de faire de même étant donné que leurs services de réanimation sont encore en tension. L’argument d’une éventuelle concurrence déloyale n’est pas recevable surtout quand on se souvient que certaines cliniques n’ont accuelli les premiers patients COVID que 15 jours après la cessation de toute activité.
Un allongement considérable des délais d’intervention chirurgicale qui résulte du respect des mesures barrières
La reprise des activités chirurgicales est d’autant plus urgente que les mesures barrières imposent de réveiller les patients en salle d’opération ce qui de facto réduit le nombre d’interventions de 50% par rapport à une situation normale.
Cela pose pour le Dr LLagone, « un véritable problème sanitaire car on allonge ainsi automatiquement les listes d’attente, ce qui entraîne une réelle perte de chances pour nos patients »
« Il faut que l’ARS nous fasse confiance ! »
Nous n’avons pas besoin d’une Agence Régionale de Santé qui sanctionne, mais qui nous accompagne, et surtout qui nous fasse confiance. » ajoute le Dr Llagone.
Les patients doivent continuer à bénéficier d’un traitement adapté à leur pathologie et cela ne pourra être fait qu’en donnant une souplesse d’actions à chaque établissement. L’URPS-ML craint ainsi que l’administration prenne le dessus sur la relation patient-médecin. Pour Dr Guilaine Kieffer-Desgrippes, « c’est pourtant cette relation patient-médecin qui permet de décider quelle est l’urgence d’une situation »
L’URPS - Union Régionale de Professionnels de Santé- Médecins Libéraux représente les 9 400 médecins de Grand Est exerçant en cabinet, qu’ils soient généralistes ou spécialistes. Ces instances démocratiques représentatives ont pour mission de donner une voix aux professionnels qui exercent en libéral, dans l'élaboration des politiques régionales de santé. Il y a une URPS Médecins Libéraux dans chaque région de France.
Contact presse : Dr Guilaine Kieffer-Desgrippes – 06 71 98 03 15 – kiefferdesgrippes@orange.fr
Dépistés, Isolés et Après ?! - Avis de France Assos Santé Grand-Est
La stratégie de déconfinement va proposer aux personnes testées positives au virus deux options : rester en isolement à leur domicile ou rejoindre un lieu dédié à l’isolement des volontaires pour protéger les membres de leur foyer. Nous nous réjouissons de cette mesure qui vise à être un des remparts efficaces contre la propagation du virus.
En revanche, nous nous préoccupons de ce que vivent ces personnes en attendant la survenue de symptômes plus aiguës dont ils ignorent quelles seront les formes, l’intensité et la finalité. Nous savons que traverser cette épisode symptomatique, à domicile, sans encadrement professionnel, est très anxiogène. Nous nous inquiétons d’autant plus pour les malades qui seront isolés loin des leurs.
Les témoignages de personnes touchées font ressortir un sentiment de détresse psychologique, d’angoisses, de peur des symptômes qui vont, ou non, se déclarer et de manière plus ou moins aiguës. Celles-ci éprouvent un sentiment de culpabilité car contaminées elles en ont peut-être contaminé d’autres, et également un sentiment de mise à l’écart et de solitude dans leur combat contre la maladie.
C’est pourquoi quelle que soit au final l’étendue des symptômes, nous pensons que ces mises en isolement (domicile ou autres) doivent être accompagnées d’un certain nombre de mesures :
- Tout d’abord, envisager une démarche « d’aller vers » par des professionnels dédiés (médecine générale et psychologues par exemple). Un contact téléphonique quotidien avec des professionnels en mesure de suivre à distance et rassurer ces personnes permettra de ne pas engendrer en plus du covid un stress post- traumatique.
- De plus, il est important de déterminer les modalités des visites d’un proche durant cette période en cas d’isolement hors domicile, ou lorsque la personne vie seule.
- Enfin, nous pensons qu’il serait très utile d’organiser des échanges entre pairs pour favoriser un accompagnement et un soutien vers la résilience à ces personnes dépistées positives au Covid-19. L’accompagnement par une personne ressource, qui est passée par les mêmes étapes physiques et psychologiques, permettrait de donner des conseils avisés ce qui n’est pas forcément le cas du professionnel qui n’a pas d’expérience du vécu du dépistage, de l’annonce et de l’après.
Face à des constats d’inégalités de traitements liées aux inégalités de faits ainsi qu’à la tentation de stigmatiser les personnes atteintes par le Covid, France Assos Santé Grand-Est souhaite rappeler les nécessaires principes devant guider les actions dans la gestion de cette crise : l’égalité de traitement, la prise en charge globale en assurant la qualité et la sécurité des prises en charge.
LA DÉMOCRATIE EN SANTE VICTIME DU VIRUS ? - communiqué de presse
Nos constats : des instances de démocratie en santé au ralenti et des associations d’usagers peu impliquées dans la gestion de crise.
Depuis le début de la crise sanitaire, nous constatons un affaissement des structures permettant l’expression des droits collectifs : les lieux de démocratie en santé ne fonctionnent pas comme ils devraient, notamment dans les instances régionales et territoriales (CRSA, CTS, CDCA). Certaines sont d’ailleurs à l’arrêt total, d’autres fonctionnent de manière informelle ou au ralenti, et enfin certaines, mieux équipées, ont pu se mobiliser pour travailler sur des thématiques spécifiques à distance[i]. Il en est de même dans bon nombre de structures hospitalières publiques ou privées où les portes ont également été fermées pour les représentants des usagers et où le lien, même à distance semble rare.
En dehors de ces instances, les associations d’usagers sont peu impliquées dans les décisions de crises à l’échelle régionale et territoriale. Nous pensons en premier lieu aux recommandations de prise en charge par pathologies/filières, où la concertation se réduit souvent à l’unique consultation des fédérations d’établissements ou des sociétés savantes.
Gérer la crise POUR nous MAIS pas SANS nous !
Les instances de démocratie en santé et les associations d’usagers ne sont pas des « experts » des situations de crise. Il est néanmoins primordial de les associer : elles apportent un éclairage essentiel sur les décisions envisagées et retenues, sur l’information à partager, sur la vie quotidienne des personnes malades, en situation de handicap, âgée, des usagers en général, dans ce contexte de crise sanitaire….
L’état de sidération que chacun (autorités, professionnels, associations) a pu ressentir au moment de l’explosion de l’épidémie doit désormais être dépassé. C’est pourquoi, nous demandons notre implication immédiate dans la politique de gestion de crise à l’échelon régional et territorial afin de permettre l’expression d’une parole collective, celle des populations qui subissent les effets de l’épidémie et ses conséquences psychologiques et sociales.
Nous appelons également à être associés à la préparation du « déconfinement ». Dans ce cadre, nous souhaitons disposer d’une transparence totale de l’information sur la gestion de crise régionale et territoriale - notamment la volumétrie de matériels de protection et de dépistage disponibles - et demandons que la population bénéficie de messages clairs et unifiés. Nous associatifs, sommes déjà au travail pour délivrer des messages à destination des publics fragiles et isolés, qui sont souvent les grands oubliés, hélas, des communications institutionnelles. Pour que ces messages soient entendus et acceptés, les mesures prises doivent être comprises.
Notre implantation associative via nos délégations régionales et les associations qui les composent est une force. Autorités sanitaires : associez-nous !
Gérard Raymond - Président de France Assos Santé
Jean- Michel MEYER - Président de France Assos Santé Grand Est
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Contact presse : Esther MUNERELLE – Coordinatrice Régionale – 06 25 47 32 05 – emunerelle@france-assos-sante.org
[i] Ainsi par exemple les CRSA de Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et Bretagne ont travaillé sur un avis commun adopté le 9 avril 2020 & intitulé « L’heure n’est pas au déconfinement mais elle l’est à sa préparation dans un cadre qui associe éclairage scientifique et débat démocratique ».
Dépisté positif – ET APRES ?!
Témoignage d’un personne dépistée positive au COVID 19 suite à un test sérologique :
"J'ai 75 ans dans quelques jours. T2, HTA, AVC/AIT, etc… Bref, tout ce qu’il faut.
Depuis le début que l’on parle de Coronavirus en France, d’infection pulmonaire grave – SRA – et de virus, de l’origine, de risques d’abord nuls, puis minimisés, puis augmentés, pour passer d’épidémie à pandémie, je me suis senti concerné au regard des facteurs aggravants dont quelques-uns m’accompagnent tous les instants depuis quelques années. Et ne risquent pas de me quitter ces prochaines années, si…
Puis les choses se sont précipitées début mars, puis tout au long du mois, maintenant avril, puis mai, etc., la spirale sans fin.
Le 12 mars, nous avons assisté, mon épouse et moi, à un spectacle de cabaret : 300 personnes dans la salle et la dernière représentation avant fermeture en raison du Coronavirus.
Dès lors l’inquiétude a monté chez moi compte tenu des facteurs de risques embarqués et des messages délivrés par les plus hautes autorités de l’Etat : Premier Ministre, Ministre de la Santé et Président de la République en tête. Puis les premiers décès, puis d’autres, beaucoup d’autres, beaucoup de trop.
Angoisse.
L’Oise, Mulhouse, Colmar, Strasbourg, Région Parisienne, etc, etc… Des messages aussi contradictoires qu’affolants, qui sont délivrés à longueur de journée tous plus inquiétants les uns que les autres. Pas de matériels, pas de lits, pas de structures d’accueil dans les hôpitaux, pas de protections, j’en passe et des meilleures. Bref la débandade alors que les mensonges de nos dirigeants se multiplient.
Vers le 15 mars, j’ai demandé à mon médecin si je pouvais venir à son cabinet pour le rappel du vaccin contre le pneumocoque et le renouvellement de mon ordonnance et SURTOUT parler du COVID.
Réponse : non, le cabinet est fermé.
Un choc. Le vaccin j’aurais pû le faire moi-même, habitude des injections, mais pas le certifier. L’ordonnance, pas de problème, le pharmacien a eu des autorisations.
COVID : pas de discussion.
Tout le monde parle de dépistages, mais personne ne dit qui sera dépisté ni comment, ni quand, ni où. Des tests ? Lesquels ? Il n’y en aura pas assez pour tout le monde, comme les masques, etc…
Puis dans la nuit du 21 au 22 mars, mon épouse a ressenti des symptômes : nausée, légers maux de tête. Le matin : plus de goût, plus d’odorat. Appel au médecin. Réponse : vous avez certainement été en contact avec une personne infectée. Résultat : doliprane et rester à la maison. Si difficultés respiratoires et forte fièvre, appelez le 15. Quant à moi, pareil 24 heures après. Ou peut être avant sans le savoir.
Confinement, informations, aucun contact de la part des autorités, rien, le néant. Tous abandonnés et livrés à eux-mêmes, aucun plan de prévention, etc…
Beaucoup de paroles et pas d’actes, surtout envers les personnes âgées, vulnérables, malades chroniques. Rien.
RDV avec mon médecin le 15 avril, à sa demande, pour le suivi médical et le vaccin. Là, j’ai demandé une ordonnance pour un test sanguin en laboratoire COVID.
Test le lendemain, résultat 4 heures après : positif IgM et IgG, contact récent avec le virus. Catastrophe. Çà veut dire quoi ? Contaminé ? Et tout le reste. Appel au labo et au médecin : ça veut dire quoi ? Vous avez été au contact, le fait qu’il y ait des anticorps assure une immunité à 99 %, mais attention portez un masque et restez chez vous autant que possible. Je pose la question d’un traitement, réponse : il n’y a rien, il n’y en a pas. Chloroquine ? Vous rigolez… Attention à la fièvre et aux problèmes respiratoires. Sinon le 15.
C’est à ce moment que j’ai senti le sol se dérober sous mes pieds. Ce que je supposais depuis le début c’est révélé exact : la science, la médecine, nos savants, médecins, etc, ne savent rien, chacun a sa théorie souvent contradictoire de l’autre. Encore le néant.
Et nous dans tout ça, nous sommes les clients potentiels d’hôpitaux au bord de la rupture. Les infos allemandes ont diffusé un reportage en Alsace sur le Covid et disent que les malades arrivant dans les hôpitaux sont triés à l’arrivée selon qu’ils vont être ou non soignés. Imaginez les dégâts chez les personnes potentiellement à risques. Je croyais de moins en moins en l’immunité.
Trois jours après, conférence de presse du Premier Ministre, du Ministre de la Santé, du DGS en présence du Pr Ader qui aborde la question de l’immunité en présence d’anticorps. Réponse : personne n’en sait rien, aucune certitude, aucun recul, et tout le reste du même genre. Replongée dans le doute, l’angoisse, l’appréhension, l’attente. Puis Internet pour se rassurer. Mais où, à qui faire confiance. Le plus dur c’est la nuit : penser, penser, penser… Pas dormir, appréhender quelque chose. Le sentiment d’abandon grandit, la révolte intérieure se manifeste et s’amplifie chaque nuit. Des promesses de tests généralisés, des protections, des promesses.
Avec qui pouvoir en parler ? Le corps médical, manifestement n’en sait pas plus non plus. Je suis persuadé que c’est maintenant qu’il faudrait faire quelque chose, mais quoi ? Nouveaux tests au moins pour déterminer si le virus est présent, actif, non actif.
Rien n’est fait. On sait qu’il y a des personnes à haut risque, RIEN. Mon pharmacien m’a donné quelques masques. Avant de les récupérer, je lui ai dit que j’avais fait le test et je lui ai demandé si je pouvais rentrer dans son officine. Réponse : non, n’entrez pas, restez à l’extérieur je vous les passerai.
J’avais rdv avec mon cardio le 21 avril, par précaution je l’ai appelé et dit que j’avais fait le test et donné le résultat. Rappelez. Je pense qu'au moment du déconfinement toutes les personnes testées positives seront obligées, alors, de coudre un signe sur leurs habits de manière à les distinguer des autres. Réponse : Non non non ne venez pas au cabinet , trop risqué, nous reportons à juillet
En parler à quelqu’un dans mon cas m’aiderait, mais à qui ? M’adresser à une structure quelconque pour savoir, mais où ? Juste désemparé. "
Interview du président de France Assos Santé Grand EST du 12 avril 2020
Suivi médicale et patients chroniques : " Les associations de patients mobilisées"











