Journée régionale "Imaginons une ETP partagée !"

Le groupe de travail, constitué d’acteurs associatifs du réseau de France Assos Santé Grand Est, portant sur l’Education thérapeutique du Patient (ETP) a organisé une journée régionale « Imaginons une ETP partagée ! », le mardi 22 novembre à Metz. 23 acteurs du réseau de France Assos Santé Grand Est étaient présents à cette journée pour réfléchir, échanger et débattre autour de la thématique proposée.

Qu’est-ce que l’ETP partagée ?

Après un brève rappel de ce qu’était l’Education Thérapeutique du Patient (ETP), les participants sont rentrés dans le vif du sujet de la journée en travaillant de manière participative à la définition de ce que le groupe de travail « ETP » de France Assos Santé Grand Est a appelé « ETP partagée ».

Suite à un travail en sous-groupe pour élaborer des cartes mentales autour de la thématique du jour, les échanges entre participants ont permis de définir l’ETP partagée, comme des activités collectives entre patients et leurs proches ayant pour but de les aider à maintenir ou développer les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique. Elle fait partie intégrante du parcours de soins du patient.

Les membres du réseau de France Assos Santé s’accordent à dire qu’il existe des points communs à toutes les pathologies. Ainsi, l’ETP partagée permettrait à tous les patients, quelle que soit leur pathologie, de bénéficier d’activités collectives entre pairs, mais aussi avec leurs proches, afin de maintenir ou développer des compétences d’adaptations autour de thématiques communes traitant des impacts familiaux, professionnels et/ou sociaux des pathologies chroniques. Cependant, l’acquisition ou le développement des compétences de sécurité et d’auto-soins qui sont développés dans les programmes d’ETP actuels ne pourraient pas être partagées car ces compétences demeurent spécifiques aux pathologies.

Dans les programmes d’ETP, les patients « ressources » issus d’associations de patients sont importants, selon les participants, car ceux-ci peuvent aider les professionnels à être plus pertinent à tous les niveaux des programmes en partageant leur expérience, leur vécu, leurs capacités d’adaptation de la maladie mais aussi par leurs connaissances des techniques d’animation en collectif, leurs pratiques dans l’accompagnement des patients, etc…

Par ailleurs, des accompagnements d’ETP partagée peuvent être proposés par les associations de patients en mutualisant leurs moyens afin d’améliorer leurs connaissances de leur pathologie et des autres pathologies qui peuvent en découler. Ceci permettrait d’avoir un meilleur accompagnement dans le temps et de répondre à toutes les problématiques liées aux pathologies et à leurs risques.

Une autre forme de partage a émergé dans les échanges, à laquelle le groupe de travail « ETP » n’avait pas pensé au départ. Les programmes d’ETP pourrait s’inscrire un peu plus dans la durée en suivant le patient dans son parcours et en étant à l’interface entre les établissements de santé, les professionnels de santé de ville, voir les structures médicosociales.

Une ETP partagée à différents niveaux

Après avoir défini « ETP partagée », les acteurs associatifs présents à la journée régionale ont travaillé, en sous-groupe, sur le type de partage que cette nouvelle ETP pourrait prendre.

1.     Un partage se réalisant au niveau des programmes

La question posée aux participants était la suivante « En quoi les programmes d’ETP peuvent-ils être partagés ? »

Selon eux, les programmes d’ETP partagée permettraient aux acteurs de l’ETP de partager et d’échanger entre eux.

De plus, le fait que les patients de pathologies différentes se retrouvent dans un même programme d’ETP pourrait favoriser l’acceptation de la pathologie par les patients et le travail sur l’impact que celles-ci peuvent avoir sur la vie quotidienne, la vie sociale, la vie professionnelle, la vie familiale, etc., du patient et de son entourage.

Cependant des points de divergence ont émergé sur le fait que des programmes d’ETP partagée permettrait de favoriser les échanges entre professionnels de santé par exemple. De plus, les participants ne sont pas tous d’accord pour dire que l’on puisse partager son expérience entre patients de pathologie différentes. Des spécificités existent et ne peuvent pas être partagées.

2.     Un partage se réalisant au niveau du patient « ressources »

La question posée aux participants était la suivante « En quoi un patient « expert » pourrait-il intervenir dans des programmes d’ETP qui ne sont pas lié à sa pathologie ? »

Le groupe s’accorde à dire que les patients « experts » pourraient intervenir dans des programmes d’ETP autres que leur pathologie pour évoquer la prise en compte des facteurs humains du patient (acceptation de la maladie, soutien, écoute, échanger avec les patients, etc.) et pour être un vecteur d’information fiable (droits des patients, orientation vers les associations, ressources officielles, etc.).

Les patients « experts » sont des ressources pour travailler dans les programmes d’ETP quelle que soit la pathologie sur les compétences d’adaptation des patients et faire la promotion de l’ETP et de l’intérêt que cela peut avoir auprès des patients.

En revanche, des divergences d’opinion persistent sur le fait que les patients « experts » puissent être impliqués dans des programmes autres que leur pathologie pour aider les patients à gérer leur parcours de soin ou informer sur les autres programmes d’ETP.

3.     Un partage se réalisant au niveau des associations

La question posée aux participants était la suivante « En quoi les associations peuvent-elles faire de l’ETP partagée ? »

Pour les participants, les associations ont un intérêt à faire de l’ETP partagée pour les mêmes raisons que les autres porteurs de programmes, c’est-à-dire, permettre aux patients de mieux vivre avec leur pathologie en travaillant davantage sur les compétences d’adaptation. Celles-ci seraient travailler dans le cadre d’ateliers collectifs portant sur la vie quotidienne, l’hygiène de vie, le droit à l’information, la prise en compte des aidants ou des proches. Mais pour les associations, il est intéressant également de se rapprocher entre elles pour, d’une part mutualiser les moyens humains, et d’autre part pour mutualiser leurs connaissances propres à leur pathologie. Ce partage favoriserait les partenariats et l’interdisciplinarité des ressources à dispositions des associations.

Les participants ont eu des points de divergence concernant le parcours de soins des patients et sur une prise en charge globale du patient. Ces derniers ne seraient pas nécessairement améliorés par la mise en place d’ETP partagée par les associations.

Présentation des travaux du Groupe de Travail « Education Thérapeutique du Patient » de France Assos Santé Grand Est

Réflexion sur la possibilité de rédiger un avis sur la question de l’ETP partagée

Cette journée régionale a permis de réfléchir à l’intérêt de mettre en place une ETP partagée et comment celle-ci pourrait être mise en œuvre.

Les principales raisons qui ressortent pour mettre en place une ETP partagée sont :

  • une mutualisation des moyens qu’ils soient financiers, intellectuels, matériels, humains, etc.,
  • une communication plus adaptée et plus efficace
  • une ouverture d’esprit des patients au contact d’autres patients ayant une autre pathologie.

Les acteurs du réseau proposent que cette ETP partagée soit mise en œuvre en mutualisant les moyens que ce soit au niveau des associations et des professionnels. France Assos Santé pourrait être aidant en animant son réseau associatif sur le sujet de l’ETP et en le fédérant autour de cette question. Par ailleurs, il semble incontournable que les patients « experts » soient impliqués systématiquement dans les programmes pour favoriser la mise en œuvre de ce type d’ETP. Et tout comme l’ETP que l’on connait, l’ETP partagée ne pourra fonctionner que si celle-ci est promue auprès des professionnels de santé pour orienter les patients vers les programmes et leur expliquer l’intérêt.

De l’ETP vers le partenariat patient dans le soin


[Outil] ETP et Vie Affective et Sexuelle

Au cours du 1er semestre, France Assos Santé Grand-Est a été sollicité par l'Espace Ressources en ETP Grand-Est (voir leur site internet) pour participer à l'un de leur Web K'Fé prévu le 25 novembre sur la thématique "La vie affective et sexuelle dans la maladie chronique et l’ETP : L’avis des patient·es face à la réalité des pratiques" (en savoir plus sur cet événement). Ainsi, dans le cadre de son Groupe de Travail portant sur l'Education Thérapeutique du Patient (ETP), France Assos Santé Grand-Est a sollicité plusieurs acteurs d'associations différentes pour réaliser un outil de réflexion à la mise en œuvre d'ateliers d'ETP portant sur la Vie Affective et Sexuelle.

Pour recueillir la matière, nous avons réalisé un entretien collectif auprès de 5 membres issues d'associations différentes (Association Française des diabétiques 67, France Rein Lorraine, AFM Téléthon Champagne-Ardenne, Afa Crohn RCH France)
A l'issu de cette entretien, une 1ère version de la carte mentale a été créée puis soumise à d'autres acteurs associatifs du réseau s'intéressant à la thématique (Aides, SOS Hépatites Alsace-Lorraine, Association Française du Gougerot Sjögren et des Syndromes Secs, Association Française des diabétiques 88). Ce qui a permis d'alimenter davantage la carte mentale.

Cette carte mentale est loin d'être exhaustive mais à le mérite de donner des éléments de réflexion sur :

  • la définition de ce que l'on entend par "Vie affective et sexuelle"
  • les conséquences et les implications que peut avoir une maladie chronique sur la vie affective et sexuelle
  • comment faire pour parler de sa vie affective et sexuelle
  • comment aborder la vie affective et sexuelle dans le cadre de l'ETP
  • les espaces existants pour échanger sur sa vie affective et sexuelle


Si vous avez des remarques ou si vous pensez que certains éléments devraient être ajoutés, vous pouvez nous laisser un commentaire, ou les envoyer à Benoit FAVERGE à :
bfaverge@france-assos-sante.org


Les patients, des acteurs incontournables en ETP

France Assos Santé Grand-Est a travaillé au cours de l’année 2019 sur l’Education Thérapeutique du Patient (ETP). Nous avons pu réaliser une enquête auprès des associations agréées du système de santé et mener une action de plaidoyer auprès de l’Agence Régionale de Santé Grand-Est afin de valoriser l’implication, dès la construction des programmes, d’un ou plusieurs patients formés à l’ETP issus d’une association.

L'ETP : un enjeu majeur pour France Assos Santé Grand-Est

Face à l’augmentation du nombre de patient atteint de maladies chroniques, l’éducation thérapeutique du patient (ETP) a démontré son intérêt à travers différentes études.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’ETP « vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique. » (Organisation Mondiale de la Santé, 1996). En France, la Loi HPST (Loi HPST, 2009), reconnait officiellement l’ETP. Elle s’inscrit dans le parcours de soins des patients atteints de maladies chroniques selon le code de santé publique et ses modalités de mise en œuvre sont définies dans l’arrêté du 15 janvier 2015 (Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, 2015).
Pour France Assos Santé Grand Est, l’Education thérapeutique a été définie comme un axe prioritaire de travail pour les 5 années à venir à l’issue du séminaire régional des 19 et 20 novembre 2018, réunissant l’ensemble des associations adhérentes à France Assos Santé. Ainsi un groupe de travail, réunissant des membres d’associations de patients, a été créé pour définir les pistes de travail à mener pour France Assos Santé Grand Est.

Vers une valorisation et une implication des patients dans les programmes d'ETP en Grand-Est

Au cours des premières réunions du groupe de travail, les membres des associations ont fait le constat, suite aux rapports sur les programmes d’ETP, que les principaux porteurs d’actions validées par l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand-Est sont les services hospitaliers de la région (ARS Grand Est, 2019).
Par ailleurs, contrairement aux recommandations, trop peu de programmes d’ETP s’appuient sur les associations de patients pour construire, mettre en œuvre et/ou évaluer ceux-ci. Selon le rapport ARS sur les programmes d’ETP de 2018 (ARS Grand Est, 2019), seulement 27,5% des porteurs déclarent associer des patients dans la conception et/ou la mise en œuvre (soit 85 programmes sur 309).
Face à ce constat, il nous a semblé nécessaire de démontrer l’intérêt d’associer les patients dans la construction, la mise en œuvre et l’évaluation des programmes d’ETP pour qu’à l’avenir ceux-ci soient impliqués dans tous les programmes.

Pour atteindre cet objectif, le groupe de travail a réalisé plusieurs démarches au cours de l’année 2019 :

  • Réalisation d'une enquête auprès de nos associations membres. Ce qui nous a permis de recenser les bénévoles formés à l’ETP et ceux qui souhaitaient l’être et d’identifier les associations qui participent à des programmes d’ETP en Grand-Est. (Télécharger les résultats de l’enquête)
  • Rédaction d'un plaidoyer à partir des résultats de cette enquête ( lien)
  • Rencontre avec l’ARS Grand-Est afin de promouvoir l’implication des associations dans les programmes d’ETP de la région. Ce qui a abouti à :
      • Une évolution du dossier de demande de dépôt de programme d’ETP pour valoriser davantage l’importance et la volonté réglementaire d'impliquer des patients.
      • L'implication de France Assos Santé pour faire du lien entre les associations de patients et les porteurs de programmes quand ceux-ci n’en auront pas contacté.
  • Mise en œuvre d'un groupe d'échanges de pratique expérimental pour les membres, d’associations alsaciennes, formés à l’ETP qui a eu lieu le 15 décembre 2019 à Strasbourg.

Des préoccupations partagées avec les autres acteurs

Parallèlement à nos travaux, nous avons partagé nos préoccupations avec des acteurs incontournables du domaine :

  • Nous avons rencontré l’Espace Ressources en ETP Grand-Est (Pour plus d'infos...) pour présenter nos travaux et engager un partenariat. Ainsi, la référente territoriale en ETP de Lorraine est venue présenter au groupe de travail, les missions et le rôle de cette structure.  France Assos Santé devrait être associé à leur prochaine journée régionale d’échanges.
  • L’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé Grand-Est nous a sollicités pour participer à un projet qui a pour objectif d’élaborer des recommandations / préconisations concrètes et étayées par la parole de patients et de leur entourage.
  • Nous avons été sollicités pour être partenaire du programme APPS « Approche Patient Partenaire de Soins » INTERREG mené par le CHRU de Nancy en partenariat avec les universités et les CHU de Liège, de Luxembourg et de Trier en Allemagne, ainsi que l’Université de Genève. Une analyse a permis d’établir la réalité du besoin d’un nouveau modèle de partenariat patient-soignant, ou soignant-soigné, dans la Grande Région. Ce programme proposera des recommandations et des perspectives qui seront validées lors d’un séminaire, le vendredi 12 juin 2020 au Centre des congrès Prouvé de Nancy auquel nous serons associés.
  • En parallèle du programme APPS, nous avons été contactés pour être partenaire d’un diplôme universitaire « Partenariat et Engagement du Patient dans le système de Santé » (DU PEPS). Un groupe de travail restreint s’est réuni pour analyser le projet et émettre un avis sur notre participation.

2020 : France Assos Santé Grand-Est poursuit son engagement

L’année 2019 a été riche en travaux et 2020 le sera tout autant avec pour objectifs et actions :

  • Une formation certifiante 40h ETP : Suite à l’enquête réalisée l’an dernier, nous avons pu recenser un nombre important de personnes souhaitant se former à l’ETP. Ainsi, nous proposons à nos membres une formation à l'ETP à Nancy de manière à avoir de nouveaux patients pouvant intervenir dans les programmes (Pour plus d’infos…).
  • Un groupe d'échanges de pratique entre patients formés à l'ETP : Un nouveau groupe d’échanges de pratique entre patients formés à l’ETP sera mis en place pour l’ensemble de la région.
  • Une réflexion autour de modules ETP inter-associatifs : Le groupe de travail se penchera sur la définition d’un référentiel d’intervention pour des modules inter-associatifs comme la vaccination ou l’impact social de la maladie par exemple.

De nombreux travaux sont à réaliser, nous ne manquerons pas de vous informer de leurs avancées…

Si vous souhaitez rejoindre le groupe de travail, c’est possible en contactant :
Benoit FAVERGE
Chargé de mission
Tél. : 03 83 28 25 91
Mail : bfaverge@france-assos-sante.org